Romans-mondes les formes de la totalisation romanesque au vingtieme siecle
| Auteur / Autrice : | Tiphaine Samoyault |
| Direction : | Jacques Neefs |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Littérature française |
| Date : | Soutenance en 1996 |
| Etablissement(s) : | Paris 8 |
Mots clés
Résumé
Un double itineraire historique et typologique vise d'abord a situer la problematique de la totalite dans le roman du vingtieme siecle, a signaler sa presence sous la forme souvent moins autoritaire et plus moderne de la totalisation. Ce travail prealable permet de proposer une theorie des differentes formes sous lesquelles elle se presente, serielle, encyclopedique et archetypique. L'eclatement des representations et la disparition d'un centre qui soit en meme temps un principe d'intelligibilite du monde transforme le rapport du roman du vingtieme siecle a la totalite. L'effort de totalisation reste pourtant au fondement de bien des entreprises romanesques du vingtieme siecle (proust, joyce, musil, broch, celine, durrell, simon, entre autres et, plus particulierement analyses, mann, aragon et perec), sous les formes distinctes de la serie, du cycle, de la chronique, ou bien de l'epopee, de la somme ou de l'encyclopedie. Une fois rendus caducs l'unite et l'ordre qui soutenaient autrefois la totalite, cette derniere, orientee autour du principe de multiplicite, ne constitue plus la notion pleine et signifiante qu'elle pouvait etre dans la philosophie ou la metaphysique : elle n'est plus un absolu. Liee a une problematique de la representation, la totalite se charge a la fois de la nostalgie de son sens ancien et du sens de sa perte. Dans l'horizon problematique de la modernite romanesque, la totalite, sans offrir un modele redempteur ou un absolu formel, cherche a montrer sans relache ce qu'elle est devenue et ce qui peut faire son sens aujourd'hui.