Les préverbes ab-, dê-, ex- du latin : étude linguistique
| Auteur / Autrice : | Jean-Paul Brachet |
| Direction : | Claude Moussy |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études latines |
| Date : | Soutenance en 1996 |
| Etablissement(s) : | Paris 4 |
| Jury : | Examinateurs / Examinatrices : Michèle Fruyt, Marc Baratin, Jacqueline Dangel |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Notre thèse, entièrement fondée sur l'examen des textes, est une recherche de grammaire historique qui s'attache à quelques aspects méconnus des préverbes ab-, de-, ex-. Dans la première partie, nous reconstituons l'histoire complexe de de-, depuis ses origines indo-européennes. Nous tentons de concilier le sens ablatif vivant de de- avec le sens directif de la particule *de do, en décelant, dans les emplois concrets de de-, de nombreuses traces d'une valeur directive ancienne. Nous voyons ensuite plusieurs séries de préverbes en de- dans lesquels on retrouve la valeur directive ancienne du préverbe, non sa valeur ablative synchroniquement productive. La deuxième partie traite de préverbes en ex- qui gardent la trace, dans leur préverbe, de la préposition ex qui introduisait un complément circonstanciel de provenance. Nous analysons ainsi efficere, de même que les dénominatifs factitifs en ex- (effeminare, efferare, exacerbare,. . . ) et les inchoatifs en -esco préverbes en ex- (exarescere, exalbescere, euanescere, extimescere,. . . ). Le préverbe ex- forme un véritable signifiant discontinu avec les morphèmes de dérivation verbale -a- ou -esc-. Paradoxalement, ex-sert à former des verbes dénotant l'entrée dans un état. L'étude de ex- se poursuit par l'examen de sa prétendue valeur aspectuelle d'''achèvement''. Nous étudions d'abord comment la préservation en ex-, en entrainant une transformation des actants, produit exhaurire ''vider'' à partir de haurire ''puiser''. Exhaurire conduit à un groupe de verbes de parole préverbes en ex-, eloqui, enarrare enumerare, edocere, edisserere, dont le complément d'objet est généralement accompagné d'un quantificateur de la totalité. Ces verbes dénotent un procès exhaustif, qui parvient à son terme parce que toute la matière à laquelle il s'appliquait a été épuisée. La troisième partie traite des parasynthétiques, ceux qui reposent sur des hypostases verbales (delirare, degenerare, eliminare, expectorare), et ceux qui ont un sens privatif (exossare, excorticare, deartuare, decapitare).