Thèse soutenue

Jules Moch et le socialisme, 1893-1985

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Auteur / Autrice : Éric Méchoulan
Direction : Jean-Marie Mayeur
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1996
Etablissement(s) : Paris 4

Résumé

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Ancien polytechnicien issu d'une famille d'origine juive qui a fait carrière dans l'armée, Jules Moch devient député socialiste en 1928. Il met alors son expérience d'ancien combattant, d'administrateur et d'ingénieur au service de la S. F. I. O. Entre 1927 et 1936, il se trouve au cœur des controverses qui agitent alors le socialisme français : rationalisation, planisme, reflation et lutte contre le fascisme. Sa participation au renouvellement des idées politiques se double d'une intense activité parlementaire. Elle trouve un premier aboutissement au secrétariat général de la présidence du Conseil lors du cabinet Blum en 1936, qui couronne sa participation au groupe x-crise puis à l'Union des techniciens socialistes. Le 10 juillet 1940, il est l'un des 80 qui refusent les pleins pouvoirs à Pétain. Résistant puis officier dans les F. F. L. , il retrouve son siège en 1944. Ministre des travaux publics et des transports, puis de l'économie, entre 1945 et 1947, il doit concilier les espérances socialistes de la libération et les nécessités du gouvernement. A l'intérieur entre 1947 et 1950, il réprime les grèves dites insurrectionnelles organisées par les communistes. A la Défense de 1950 à 1951, il organise l'insertion de la France dans le bloc atlantique et participe aux négociations sur le réarmement de l’Allemagne. Il n'en devient pas moins en 1954 le champion de l'anticedisme. L'éclatement de la troisième force lui permet de se consacrer à ses deux ambitions essentielles : reformuler la doctrine socialiste et œuvrer comme diplomate à l’ONU pour le désarmement. Rappelé à l'intérieur en 1958, il ne peut que se rallier à De Gaulle avant de devenir un adversaire acharné du gaullisme. Partisan de l'union des gauches, il reprouve pourtant le principe du programme commun et rompt avec le parti socialiste peu après l'élection de Mitterrand au poste de premier secrétaire. Moch incarne ainsi la fidélité à un certain idéal jaurésien et blumien en même temps qu'une volonté infructueuse de dégager la S. F. I. O. De la "vulgate marxiste".