Thèse soutenue

Les groupements d'originaires de la Corrèze à Paris sous la troisième République

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Auteur / Autrice : Evelyne Crison
Direction : Gilles Le Béguec
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1996
Etablissement(s) : Nancy 2

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Tout au long de la troisième république, les migrants corréziens à Paris ont crée de nombreuses et fort diverses associations d'originaires du département : simples amicales ou groupements politiques, culturels, touristiques, associations d'anciens combattants, lobbies de commerçants et d'industriels. . . Elles organisent pour les corréziens de la capitale des activités variées : activités récréatives (banquet traditionnel, matinées dansantes), activités culturelles (conférences, soirées musicales ou poétiques), activités caritatives (aides aux familles en difficultés, soins aux malades, bureaux de placement, aides au retour). Elles sont la raison d'être d'une presse diverse que domine, très largement, le limousin de Paris. Trait d'union entre Paris et la province, elles veulent peser tant sur la capitale que sur le département d'origine. Le rôle des groupements d'originaires en Corrèze se manifeste par le souci constant de la promotion du pays natal : développement économique (notamment le tourisme et le reboisement), renaissance culturelle (en relation étroite, en particulier, avec le mouvement régionaliste et le félibrige). Cette volonté d'emprise se marque également par la forte implication des originaires dans la vie politique corrézienne. L’impact des associations de corréziens sur la capitale est plus difficile à cerner. Les réseaux corréziens ont établi des filières professionnelles pour le placement et la promotion de leurs membres. Ils semblent aussi avoir soutenu quelques ambitions politiques. Mais, au total, l'action semble ici plus diffuse et plus individuelle. Les associations d'originaires de la Corrèze à Paris manifestent un attachement nostalgique à leur pays d'origine et semblent nier, à travers leurs manifestations, les différences sociales ou politiques. Elles sont également les relais des idées régionalistes et félibréennes. Par leur célébration nostalgique de la vie rurale, par le discours magnifiant le retour à la terre, la famille, le poids du passé, elles sont peut-être un des terreaux de la "révolution nationale" de Vichy.