Les troupes suisses capitulées et les relations franco-helvétiques à la fin du XVIIIe siècle
| Auteur / Autrice : | Alain-Jacques Tornare |
| Direction : | Jean Tulard |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance en 1996 |
| Etablissement(s) : | Paris, EPHE |
Résumé
Cette these a pour but de restituer le poids des relations franco-suisses avant et au debut de la revolution francaise, par le biais des troupes que les cantons suisses pretaient au roi comme auxiliaires, dans le cadre de conventions militaires et d'une alliance pluriseculaire. Le roi de france preservait la cohesion interieure et l'integrite territoriale du fragile corps helvetique. La presence de militaires suisses sur sol francais permettait a la france de maintenir la suisse sous sa tutelle. Memes les revolutionnaires francais les plus engages s'efforcerent de conserver cette rentable amitie helvetique. Entre 1789 et 1792, les solides troupes suisses firent office de forces de maintien de l'ordre et de repression. Des departements se disputerent leur presence lors des graves crises de subsistance. Les soldats suisses eux-memes ne furent pas insensibles aux chants des sirenes revolutionnaires. Depuis turin, le comte d'artois chercha a recuperer les troupes suisses. Les suisses n'etant pas de simples mercenaires, leur chef, le pragmatique comte d'affry, refusa un affrontement avec le peuple francais en dehors du cadre legal, pour ne pas compromettre irremediablement les interets suisses en france. Paradoxalement, les suisses ont involontairement ete plus utiles aux revolutionnaires, en leur servant d'element reactif, de cible mobilisatrice. Les troupes capitulees furent licenciees a contrecoeur a la suite de la journee du 10 aout 1792. L'alliance fut alors suspendue, mais la france s'evertua a maintenir le corps helvetique dans un etat de non-belligerance, tout en esperant renouer les liens militaires ancestraux. Elle parviendra a ses fins en 1798, apres avoir transforme la suisse en une republique helvetique ''une et indivisible''.