Thèse soutenue

L'apparition du complot communiste en France (1920-1932) : le pouvoir d'Etat et l'opinion publique face à la section française de la Troisième Internationale dans les années vingt

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Auteur / Autrice : Frédéric Monier
Direction : Jean-Jacques Becker
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1995
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La France des années vingt aurait connu quatre conjurations communistes. Ces quatre affaires constituent les points nodaux d'un affrontement politique de plus grande ampleur et de plus longue haleine, opposant la SFIC à l'état républicain. De mai 1920 à juin 1923, le bloc national s'attaque, à trois reprises, au "bolchevisme français", dénoncé dès les législatives de 1919. En mai 1920, en réprimant une vague de grèves révolutionnaires, comme en janvier 1923, en poursuivant des opposants, français et allemands, a l'occupation de la Ruhr, le gouvernement demanda au pouvoir judiciaire de démanteler une conspiration, ourdie par Moscou, contre la France. Ce procès d'une conspiration permanente, publique et a l'échéance indéterminée n'eut jamais lieu. En effet, en mai 1923, devant la haute cour de justice, les sénateurs radicaux firent échouer les poursuites. A partir de la fin de l'année 1928, cet état de choses du modifie. La quatrième affaire de complot, la "journée rouge" du 1er aout 1929, entraina une crise majeure au sein de la SFIC, poussée dans l'illégalité par "classe contre classe" et par la répression. Pourtant, la magistrature et les gauches s'employèrent, au début de 1930, à enterrer les poursuites. Cette sortie de crise permit au gouvernement radical et a la SFIC de négocier à l'été 1932 un retour à la légalité du mouvement communiste. Le complot communiste met en jeu trois représentations collectives : la conspiration, technique de lutte politique, le complot, crime contre l'état de droit, enfin la conjuration, mythe politique.