Thèse soutenue

La vision du cosmos dans les manuscrits carolingiens

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Auteur / Autrice : Robert George
Direction : Carol Heitz
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire de l'art
Date : Soutenance en 1995
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Dans cet ouvrage, le rédacteur a essayé de décrire comment les hommes et les femmes, habitant au IXè siècle dans les limites de l'empire carolingien, voyaient le monde qui les entourait. Cette étude de la Nature des choses a entrainé de la part de nos lointains ancêtres des réflexions sur la présence de Dieu dont l'empereur carolingien était le missus chargé de conduire le peuple des Francs à la Jérusalem céleste. La recherche des témoignages (textes et images) a été conduite dans le cadre de l'Histoire de l'art en examinant plus de trente manuscrits astronomiques copiés et illuminés entre 798 et le début du XIè siècle ainsi que d'autres manuscrits où pouvait être représenté le monde invisible. L'auteur a tenté de comprendre la raison de la production en grand nombre de recueils techniques dont les textes et les images ont permis le regroupement en familles. Dans une première partie, Terra, on assiste à l'élaboration du couple Océan-Terre, dont l'examen (par l'auteur dans son mémoire de D. E. A. ), a été complété par une recherche de textes. Celle-ci a permis de mettre en valeur le rôle (en 869-870) de Jean Scot Erigène dans cette vision de l'union de deux éléments pesants qui vont être représentés pendant le Moyen-Age dans les manuscrits comme des bas-reliefs. La deuxième partie Caelum présente les manuscrits astronomiques carolingiens où se retrouvent les textes des traducteurs latins d'Aratos (Cicéron, Germanicus, Aviénus) mais aussi ceux de Hygin et de Pline pour l'Antiquité, d'Isidore de Séville et de Bède le Vénérable pour le Haut Moyen-Age ainsi que la traduction en latin du VIIIè siècle des Phénomènes d'Aratos. Les enluminures illustrant les textes ont permis des regroupements. L'auteur, après étude de ces pièces a pu rectifier certaines opinions erronées de quelques auteurs n'ayant eu connaissance des manuscrits que par ouï-dire ou ayant examiné des images sans se référer aux textes les concernant. La troisième partie, Mundus, examine les textes et images permettant la compréhension du monde invisible par les Francs du IXè siècle. Cet examen a permis de souligner l'importance du rôle joué par de nombreux écrivains carolingiens et en particulier par Jean Scot Erigène et Raban Maur. En conclusion, l'auteur montre l'évolution de la pensée des Francs aux temps carolingiens. Celle-ci s'est faite de façon progressive grâce à une élévation régulière du niveau intellectuel jusqu'aux destructions dues aux invsions extérieures. On constate une opposition entre Jean Scot, qui cherche des explications aux mystères du monde en consultant le Livre de la nature, et Raban Maur pour qui la Vérité se trouve dans les Ecritures. C'est Raban Maur qui sera suivi durant le Moyen-Age tandis que la pensée de Jean Scot sera proscrite. Dans cette thèse d'Histoire de l'art, un accent final a été mis sur l'importance de la mode dans l'élaboration des images au cours du IXè siècle. Celles-ci sont souvent des copies d'antiques mais parfois des formes nouvelles apparaissent ainsi que des images symboliques traduisant la pensée impériale ou royale. Ainsi, les scriptoria carolingiens, en permettant une renaissance des textes anciens, ont assuré la transmission d'idées et d'images nouvelles aux époques qui ont pris la suite du siècle de Charlemagne. En annexe, de nombreuses reproductions mettent en valeur cette évolution graphique tandis que l'analyse succinte des textes des manuscrits astronomiques en permet une meilleure approche.