Demandes de facteurs et degrés d'utilisation du capital et du travail
| Auteur / Autrice : | Simon Cueva |
| Direction : | Pierre Malgrange |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Sciences économiques |
| Date : | Soutenance en 1995 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
Cette thèse cherche à intégrer de manière systématique l'ensemble des degrés d'utilisation du capital et du travail dans l'analyse de la production. Une première modélisation originale du comportement de l'entreprise distingue les heures de travail habituelles des heures supplémentaires, pour lesquelles un régime de rémunération progressif est avance en accord avec la législation sur le temps de travail. Par rapport aux modèles existants, cette proposition conduit à des conclusions plus réalistes. Différentes fonctions de production sont estimées à partir des données trimestrielles françaises sur les marges de production et d'indicateurs du recours au travail poste et de la consommation industrielle d'électricité, fournissant une mesure originale de l'utilisation des équipements. Elles montrent un rôle significatif des degrés d'utilisation qui accroissent les possibilités de substitution à court terme entre capital et travail. Le taux d'utilisation de la main d'œuvre résume le cycle de productivité. Le taux d'utilisation du capital rend compte de rendements décroissants à l'approche de la pleine utilisation des capacités. Les degrés d'utilisation apportent une information indépendante sur des comportements souvent difficiles à quantifier au cours du cycle d'activité (thésaurisation de la main d'œuvre, utilisation variable du capital). Ils enrichissent la modélisation de l'entreprise et permettent de dépasser les modèles les plus réducteurs de l'approche des cycles réels. À partir de modèles vectoriels auto-régressifs co-intégrés, nous évaluons les délais d'ajustement associes aux stocks et aux durées d'utilisation des facteurs. Ces délais sont nettement plus élevés pour le capital que pour le travail, avec une inertie particulièrement importante du stock de capital et des délais d'ajustement légèrement supérieurs pour la durée d'utilisation des équipements que pour les effectifs, la dure du travail s'ajustant plus rapidement. La relative inertie de certains facteurs peut ainsi être utilement compensée par des évolutions plus immédiates des autres facteurs.