Thèse soutenue

Variation de la nephrotoxicité de l'ochratoxine A sous l'effet de facteurs métaboliques et non métaboliques

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Auteur / Autrice : Isabelle Baudrimont
Direction : Edmond Ekué Creppy
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences biologiques et médicales. Sciences pharmaceutiques
Date : Soutenance en 1995
Etablissement(s) : Bordeaux 2

Mots clés

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Résumé

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L'ochratoxine A (OTA), mycotoxine élaborée par des moisissures appartenant aux genres Aspergillus et Penicillum, est un contaminant alimentaire présent, non seulement dans les céréales, les oléagineux etc. , mais aussi dans le sang d'animaux et de personnes ayant consommé des aliments contaminés. Sa répartition est mondiale, et elle est considérée comme l'agent causal principal de la Néphropathie Endémique des Balkans. Outre la néphrotoxicité et la cancérogénicité, effets toxiques majeurs, l'OTA est immunosuppressive, tératogène et génotoxique. Compte tenu de la difficulté à empêcher la prolifération des moisissures toxinogènes, et à détoxifier la toxine, in vitro, il est indispensable de trouver des molécules capables de prévenir sa néphrotoxicité, ce qui fait l'objet de cette recherche. Les molécules testées ont été sélectionnées en fonction de certains critères : analogie de structure avec l'OTA, liaison aux protéines plasmatiques (aspartam : A19, piroxicam), intervention dans les processus de détoxication (superoxyde dismutase + catalase). In vivo, le piroxicam, le A19 et la superoxyde dismutase (SOD) + la catalase préviennent la néphrotoxicité induite par l(OTA, chez le rat, après administration subchronique. Le A19 et le piroxicam empêchent la liaison de l'OTA aux protéines plasmatiques, ce qui a pour conséquence de favoriser l'élimination urinaire de la toxine et de diminuer son accumulation rénale. La SOD + la catalase préviennent la formation de métabolites réactifs responsables de nombreux effets toxiques, au niveau cellulaire. Le A19 et la SOD + la catalase présentent une action bénéfique sur les effets génotoxiques de l'OTA, dans la mesure où ils empêchent, dans le tissu rénal, la formation d'adduits au DNA, ainsi que les modifications nucléaires induites par la toxine. In vitro, le A19 et le piroxicam préviennent la fixation de l'OTA aux protéines plasmatiques, et déplacent la toxine de sa liaison à l'albumine sérique. Les molécules testées présentent, dans les cellules Véro, une action protectrice sur les principaux mécanismes d'action toxique de l'OTA, à savoir l'inhibition de la synthèse protéique, la cytotoxicité et la lipoperoxydation.