Thèse soutenue

Etude de l'expression des potentialités mélanocytaire et adrénergique des cellules dérivées de la crête neurale chez l'oiseau

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Auteur / Autrice : Valérie Hansel-Nataf
Direction : Nicole Le Douarin
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Pharmacie
Date : Soutenance en 1994
Etablissement(s) : Paris 11

Résumé

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Nous avons étudié l'expression des phénotypes mélanocytaire et catécholaminergique par les cellules dérivées de la crête neurale des oiseaux. Nous avons produit trois anticorps monoclonaux qui marquent les mélanocytes et les mélanoblastes in vivo et in vitro. L'un d'eux, MelEM (Melanoblast/cyte Early Marker ) détecte les mélanoblastes très précocément in vivo à un stade où ils sont encore dans le mésenchyme sous ectodermique, juste avant la fin de leur migration, bien avant l'apparition du pigment. Parmi les dérivés de la crête neurale, ce marqueur est spécifique du lignage mélanocytaire. En outre, MelEM est spécifique des mélanocytes dérivés de la cr^te neurale à l'exclusion des cellules pigmentaires de la rétine qui dérivent de la cupule optique. Nous avons identifié biochimiquement la protéine reconnue par l'anticorps MelEM. Il s'agit d'une sous-unité de la Glutathion S-Transférase, enzyme dimérique impliquée dans la détoxication cellulaire et dont l'expression dépend du tissu et du stade du développement. Nous avons mis en évidence in vitro l'expression de potentialités mélanocytaires ectopiques dans les nerfs périphériques embryonnaires. L'addition de 12-O-tetradecanoylphorbol-13 acétate (TPA) au milieu est indispensable pour que des mélanocytes se développent. Cette action du TPA met en jeu une induction du gène c-kit. Sependant, l'anticorpsMelEM nous a permis de détecter, même en l'absence de TPA, des cellules engagées dans la voie de différenciation mélanocytaire. L'environnement rencontré par les cellules dérivées de la crête neurale au niveau des nerfs périphériques inhibe l'expression de MelEM. Dans la deuxième partie de ce mémoire nousa vons étudié l'effet de l'insuline et de l'IGF I sur l'expression du phénotype catécholaminergique par les cellules dérivées de la crête neurale en cours de migration dans les sclérotomes. Ces facteurs agissent directement sur les cellules dérivées de la crête neurale i. E. Indépendamment des cellules mésenchymateuses du sclérotome. Par ailleurs, une étape de maturation préalable est nécessaire pour que ces cellules expriment en culture le phénotype catécholaminergique et soient sensibles à ces facteurs. Ces expériences mettent en valeur le rôle complexe de l'environnement rencontré par les cellules dérivées de la crête neurale pendant leur migration et à leur site final de localisation. Par ses actions inhibitrices et promotrices de l'expression de différentes potentialités de développement, l'environnement est largement impliqué dans la sélection des phénotypes finalement exprimés in vivo par les dérivés de la crête neurale.