Thèse soutenue

Des chrétiens entre Rome et Genève : une histoire de choix religieux en France, vers 1520-vers 1610

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Auteur / Autrice : Thierry Wanegffelen
Direction : Nicole Lemaître
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1994
Etablissement(s) : Paris 1

Mots clés

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Résumé

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1520-1580 : Deux mises en œuvre rivales de l'idéal de réforme, les réformations protestante et catholique, déchirent la chrétienté occidentale. Chacune constitue une église qui prétend à l'universalité. Mais ce phénomène de « construction confessionnelle » (konfessionsbildung) est trop rapide (à peine le temps d'une vie) pour que tous les chrétiens parviennent à l'accepter sans difficulté. Or, ni l'histoire des églises, ni l'histoire des dogmes ne rendent compte de positions « d'entredeux confessionnel » pourtant fort répandues. Pour les aborder, il faut, au contraire, tenter une histoire de la sensibilité religieuse, être attentif aux destins singuliers. Ceux-ci ont permis l'élaboration de quatre concepts : nicodemites, moyenneurs, temporiseurs et ireniques. Nicodemites (en particulier Marguerite de Navarre et son confesseur Gérard Roussel) et moyenneurs (notamment, a des titres divers, Claude d'Espense, le cardinal Charles de Lorraine, Charles du Moulin, Jean de Monluc et Michel de L'Hospital) sont inscrits dans le premier XVIe siècle, avant le tournant des années 1550-1560, donc dans une époque où il demeure possible, même si c'est de plus en plus difficile, de refuser le choix confessionnel tout en restant catholique; les iréniques, quant à eux (surtout Jean Hotman de Villiers et Pierre de L'Estoile), dans les années 1580-1610, catholiques comme protestants, n'ont pu que s'y plier, tout en le relativisant. Enfin les temporiseurs (Hugues Sureau du Rosier, les « fidèles infidèles » de Troyes et de Lectoure. . . ), encore dans les années 1560-1580, ont tout fait pour le différer. L'étude permet d'abandonner la vision frontale traditionnelle, et d'opérer des distinctions qui manquent aux analyses habituelles du fait confessionnel, en particulier entre catholicisme et reformation catholique. Elle facilite, entre autres, la compréhension de la conversion d'Henri IV, elle éclaire d'un jour nouveau des phénomènes majeurs du XVIIe siècle , tels que le jansénisme voire l'arminianisme, et elle contribue à mieux comprendre le développement du déisme au XVIIIe.