Les états africains et les juridictions internationales
| Auteur / Autrice : | Jean Sando |
| Direction : | Jean-Pierre Quéneudec |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Soutenance en 1994 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Résumé
L'attitude des états africains à l'égard des juridictions internationales varie selon qu'elles sont préconstituées ou arbitrales. Car réticents à l'égard des juridictions préconstituées, les états africains manifestent une nette préférence pour les juridictions internationales arbitrales. Cette double attitude s'explique pour deux raisons : d'une part, l'échec de l'intégration du système occidental de justice en Afrique et l'attitude défavorable de la CIJ à l'égard des états africains exprimée à travers sa jurisprudence dans les affaires africaines des années 60 ont laissé à ces derniers l'impression que la cour était acquise à la cause des puissances occidentales et qu'elle symbolisait le système occidental de justice. Ce qui, pour les états africains, constituait une menace pour leur souveraineté encore vulnérable. D'autre part le psychisme africain est resté très marqué par le poids d'une tradition millénaire dont l'équilibre et l'harmonie ont été sécrétés par une conception conciliatrice des rapports humains, de sorte que les africains ont du mal à s'accommoder d'une philosophie des relations humaines fondées sur la rigueur. Ce qui explique la préférence des états africains pour les juridictions les plus souples telles que les juridictions internationales arbitrales. L'engouement manifeste par ces deniers pour ces juridictions a entrainé un regain de l'arbitrage international, à tel point que même les juridictions internationales préconstituées ont amorcé, par les techniques de chambre ad hoc, une reconversion vers l'arbitrage international.