Thèse soutenue

Espace, temps et relations temporo-logiques chez le sujet sourd : étude comparative de sujets sourds et entendants dans le maniement des marqueurs spatio-temporels en LSF et en français

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Auteur / Autrice : Christine Maeder
Direction : François Lonchamp
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Science du langage
Date : Soutenance en 1994
Etablissement(s) : Nancy 2

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Les notions temporelles, temporo-logiques et spatiales chez les sujets sourds présentent certains points communs, à la fois d'ordre structural et contemporal. Le canal de communication de la LSF offre la possibilité d'utiliser l'espace et donc de spatialiser certaines notions. C'est le cas des notions spatiales et temporelles mais pas des notions temporo-logiques. L'appréhension des données temporalles et spatiales peut être gênée du fait du canal auditif déficient. Les performances en LSF des sujets sourds profonds de parents sourds sont comparables à celles en français des sujets entendants. Leurs performances en français sont supérieures à celles des sujets sourds de parents entendants. Par contre, les performances des sujets sourds de parents entendants, en LSF ou en français, sont inférieures à celles des sujets entendants. Même si l'on constate des phénomènes d'interférence entre les deux langues, il existe un enrichissement mutuel découlant de la pratiques de ces deux langues. Les marqueurs les plus utilisés en LSF par les sujets sourds sont les marqueurs spatiaux et aspectuels alors que ce sont les marqueurs temporels et temporo-logiques qui sont les plus utilisés par les entendants. Or, il se trouve que les notions spatiales et certaines notions temporelles sont représentées spatialement en LSF alors que les notions temporo-logiques sont exprimées de façon assez semblable au français. Il est donc possible que la structuration de la LSF soit à l'origine de ces faits. En ce qui concerne la compréhension gestuelle, les sujets sourds présentent essentiellement des difficultés de saisie et de rétention des notions spatiales, des difficultés d'ordre cognitif ou linguistique dans les domaines temporel et temporo-logique. - Le facteur prédominant dans la non compréhension des connecteurs spatiaux et temporels du français écrit par les sujets sourds est l'ordre des éléments discursifs. S'il est semblable à celui de la LSF, la compréhension est meilleure.