Le domaine en Côte d'Ivoire (environ 1840-1963) : contribution à l'histoire du droit colonial
| Auteur / Autrice : | Maurice Wanyou |
| Direction : | Étienne Le Roy |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire du droit |
| Date : | Soutenance en 1992 |
| Etablissement(s) : | Paris 1 |
Mots clés
Résumé
L'histoire du droit domanial de Côte d'Ivoire révèle la stratégie et la méthode françaises d'occupation de l'espace dans les territoires coloniaux. Elle s'inscrit dans la politique d'organisation coloniale de la propriété et se justifie par la détention du pouvoir de souveraineté résultant de la conquête. L'état français a tiré le fondement théorique de ses droits domaniaux sur le territoire ivoirien du droit de conquête et de sa substitution aux souverains autochtones. Mais ces droits ont été invalidés par les tribunaux pour absence de fondement juridique. Toutefois, les droits domaniaux non fondés de l'état français ont été transférés par celui-ci à l'état indépendant de Côte d'Ivoire qui a poursuivi en la matière la politique coloniale d'utilisation des ressources du pays à des fins partisanes. Il faut peut-être voir là l'une des causes des difficultés économiques actuelles du pays. Contrairement aux fonctions du domaine coutumier consistant à assurer à tous protection et moyens de subsistance, les principes de la domanialité coloniales ont plutôt favorisé l'exploitation des ressources de la colonie au profit des colons, des compagnies coloniales et de la métropole. À cet effet, la législation coloniale tendait à promouvoir en Afrique la propriété privée du droit français et abolir les coutumes foncières des autochtones. Ceci était considéré par le colonisateur comme une mission de civilisation des peuples africains.