Thèse soutenue

La parole chez Hésiode

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Auteur / Autrice : Marie-Christine Leclerc
Direction : François Jouan
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire et archéologie des mondes anciens
Date : Soutenance en 1990
Etablissement(s) : Paris 10

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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La question est de savoir comment Hésiode se représente la parole, et comment il inscrit son verbe poétique dans cette représentation d'ensemble. L'étude comporte quatre parties. Les deux premières présentent le dossier sémantique et stylistique : étude raisonnée des réseaux lexicaux, analyse des passages aux styles direct et indirect et de leur place dans le récit. On constate le rigueur d'Hésiode et son originalité par rapport aux passages homériques qu'il utilise dans un sens nouveau. Hésiode n'a pas de la parole une représentation générale: l'expression des hommes est imparfaite et seconde par rapport aux situations. Inversement la parole divine préfigure les actes. De cette différence entre paroles humaine et divine, la troisième partie reconstitue l'histoire, qui reste implicite, en explorant la théogonie, "histoire" du monde et des dieux. La confrontation de plusieurs séries d'occurrences fait apparaitre qu'autrefois les hommes partageaient avec les dieux une parole qu'ils ont progressivement perdue en se séparant d'eux et devenant mortels (processus qui s'achevé dans le mythe prométhéen et est confirmé par les mythes des travaux). La quatrième partie étudie les passages ou Hésiode évoque sa fonction. Elle établit que les muses restituent au poète l'antique voix, qui lui permet de révéler la vérité en restant maitre de ses formes: fictions adaptées aux capacités limitées des hommes ou vérité directe. Cette dernière est principalement constituée des noms transparents retrouves grâce au don des muses. Etant seul à maitriser la langue des hommes et des dieux, le poète installe au centre du monde son verbe, indispensable à la communication cosmique.