Thèse soutenue

Stratégies paysannes dans la Guadeloupe en transition vers le salariat : des habitations marchandes-esclavagistes aux communautés paysannes libres dans l'espace des Grands-Fonds

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Auteur / Autrice : Georges Lawson-Body
Direction : Catherine Coquery-Vidrovitch
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Connaissance des tiers-mondes
Date : Soutenance en 1990
Etablissement(s) : Paris 7

Résumé

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Signalée en 1732 comme terre de peu de valeur, parce que impropre aux sucreries, la zone des grands-fonds a été longtemps un important refuge des esclaves marrons. Aujourd'hui encore d'aucuns pensent que son peuplement et sa mise en valeur ne remontent qu'a l'abolition de l'esclavage et auraient été le fait des "nouveaux-libres" qui se seraient installes "sans titre" sur ces terres réputées vacantes. Les enquêtes ethnographiques et les dépouillements des documents d'archives, ont permis d'établir que la première mise en valeur des grands-fonds, conduite par les "petits-blancs" remonte au début du dix-huitième siècle. S'inscrivant dans les perspectives mercantilistes, elle s'est faite autour des cultures "secondaires" dont le déclin irréversible sous la "restauration" a provoque la ruine des petits-habitants. Ceci entraina effectivement la vente de certaines habitations et le transfert de la main-d’œuvre servile vers l'espace sucrier. Cependant, au recensement de 1848-1951, l'essentiel des groupes de parente composant la population actuelle de la zone y était déjà. De plus, les migrations vers la zone après l'abolition semblant avoir été surtout le fait d'affranchis ayant résidé antérieurement dans la région. Durant la période post-esclavagiste, a travers les reconnaissances de filiation et de parente, les alliances, et les nouveaux rapports avec les "habitants-propriétaires", les "nouveaux-libres" élaborent des structures sociales de type lignager, cellules de base du système de polyculture vivrière désormais caractéristique de la région. . .