L'intelligentsia anglaise et la fièvre russe : 1910-1917
| Auteur / Autrice : | Nina Lavroukine |
| Direction : | Sylvère Monod |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Études anglaises |
| Date : | Soutenance en 1988 |
| Etablissement(s) : | Paris 3 |
Résumé
Le but de ce travail est de restituer l'image de l'intelligentsia anglaise à la recherche de son identité au moment où la fièvre russe avec la vogue de Diaghilev, le culte de Dostoïevski et celui de Tchekhov sévit à son maximum d'intensité. C'est, en effet, dans ce contexte que l’élite intellectuelle anglaise se choisit pour dénomination l'emprunt intelligentsia. La fièvre russe, phénomène d'intoxication psychologique, aura eu pour support idéologique le mythe de l'âme russe, cliché de la pensée occidentale. Au lendemain de la convention anglo-russe de 1907, le mythe devient l'outil d'une propagande destinée a rallier une opinion publique hostile au rapprochement. Ainsi s'explique le rôle du mythe dans une campagne de séduction menée par voie de presse. Avec le resserrement de l'entente en alliance (1914-17), l'église et l'état font œuvre commune, usant du slogan de l'âme exaltée par les gens de lettres. De l'âme esthétisée des ballets russes à l'âme sacralisée chez Dostoïevski, puis banalisée chez Tchekhov, le mythe répond aux nécessités d'un temps de crise. Phénomène socio-culturel d'une Angleterre en transition, agent d'une nouvelle conscience de soi, la fièvre russe aura catalysé la mutation de l'intelligentsia et donne naissance à une nouvelle esthétique.