L'Oubli de la cité : récits du lignage et mémoire collective dans le sud tunisien
| Auteur / Autrice : | Jocelyne Dakhlia |
| Direction : | Lucette Valensi |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Histoire |
| Date : | Soutenance en 1989 |
| Etablissement(s) : | Paris, EHESS |
Résumé
Cette etude d'anthropologie historique est consacree aux representations du passe qui ont cours dans une soeicte du sud-ouest tunisien, le jerid. Elle analyse les motifs historiques majeurs qui composent le discours historique local : recits d'origine, legendes lignageres, legendes hagiographiques, fables sur le pouvoir souverain, litterature d'epopee. . . Elle tente de mettre en evidence le caractere essentiellement prive, lignager, de la rememoration historique, et l'absence au moins apparente d'une memoire de la ''cite'', memoire d'une histoire partagee. L'oubli peut s'interpreter comme un renoncement a une histoire particulariste, en vue d'une pleine integration a la nation, mais il revet egalement un caractere positif qui interdit d'y voir l'effet d'une simple censure ou d'une obliteration. Les jeridis justifient l'oubli de cette histoire dans la tradition orale par un report sur l'ecrit, par une demission collective au profit de la tradition lettree, ce qui incite a remettre en question la definition de ces societes maghrebines comme des societes essentiellement orales : l'ecrit y beneficie d'une legitimite ecrasante qui peut aller jusqu'a vider de son sens la notion de transmission orale.