Les instituteurs communistes à l'école du parti (1949-1954)
Auteur / Autrice : | Pierre Roche |
Direction : | Jacques Testanière |
Type : | Thèse de doctorat |
Discipline(s) : | Sciences de l'éducation |
Date : | Soutenance en 1988 |
Etablissement(s) : | Rouen |
Résumé
Notre recherche sur la gestion par la direction du PCF de l'hégémonisme instituteur à l'intérieur du parti met en œuvre les concepts de positions et générations, identité et école du parti. Nous considérons tout d'abord trois domaines : conception de l'école, défense laïque et pédagogie, ou se produisent après une rencontre caractérisée par un afflux d'adhésions à la Libération, une série de ruptures (école de classe, rejet du laïcisme et du pédagogisme) qui visent, en 1949-1950, à former l'identité communiste des instituteurs contre leur identité professionnelle. Dans le domaine syndical (FEN CGT) l'instituteur communiste tend à refuser le travail syndical ou à développer des conceptions politiques (fractionnisme, anarcho-syndicalisme). Dans le parti, il tend à jouer un rôle dans les directions malgré l'ouvriérisme du parti. La direction du PCF va traiter ces déviations (anarcho-syndicalisme et hégémonisme) en décidant de faire disparaitre la FEN CGT en 1953-1954 et en éliminant les instituteurs des directions du PCF de 1949 à 1954. Deux seules identités légitimes de l'instituteur communiste vont se substituer à celles qui existaient avant 1951-1954 : celle de militant au SNI en 1954 et celle de diffuseur de l'école et la nation à partir de 1951. L'identité de l'instituteur communiste comprendra à la fois une part communiste constituée à partir des ruptures et une part instituteur formée à partir de la création de l'école et la nation et des exigences du militantisme au SNI. Ainsi sera assure son retour parmi son corps professionnel et, en réponse à son hégémonisme dans le parti un substitut de pouvoir politique grâce à l'école et la nation.