Thèse soutenue

Études au laboratoire et dans les conditions naturelles de l'activité larvicide de Bacillus sphaericus Neide, 1904, pour la lutte contre les moustiques

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Auteur / Autrice : Saïd Karch
Direction :  Directeur de thèse inconnu
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Sciences naturelles
Date : Soutenance en 1987
Etablissement(s) : Paris 11
Partenaire(s) de recherche : autre partenaire : Université de Paris-Sud. Faculté des sciences d'Orsay (Essonne)

Mots clés

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Mots clés contrôlés

Résumé

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Cette étude a pour thème général la lutte contre les moustiques par l'agent entomopathogène Bacillus sphaericus. L'objectif est de contribuer à une meilleure connaissance des problèmes rencontrés au laboratoire et sur le terrain pour l'utilisation de cet agent, particulièrement contre Culex pipiens. L'essentiel des recherches a porté sur les points suivants : la sensibilité des moustiques aux différentes souches, la stabilité de la bactérie aux conditions de stockage, le mode d'action, la persistance dans le milieu, la sédimentation, l'évaluation de la bactérie dans des gites naturels et le recyclage. La sensibilité des moustiques à Bacillus sphaericus est différente d'une espèce à une autre ; Culex pipiens est l'espèce la plus sensible, Anopheles stephensi, une espèce moyennement sensible, Aedes aegypti est très peu sensible et Aedes caspius est non sensible. Bien que l'activité larvicide d'une même souche soit différente d'une formulation à une autre, l'étude du pouvoir pathogène des différentes souches que nous avons testées met en évidence une nette supériorité des souches 2362, 1593-3 et 2297. Une perte de viabilité des spores et de toxicité de la poudre à base de la souche 2297 est observée après un stockage à une température élevée (50° C) ; par contre, la poudre de la souche 1593-4 reste relativement stable dans les mêmes conditions de stockage. En revanche, les poudres des souches 2297 et 1593-4, stockées à basse température (- 40° C), conservent leur efficacité et les spores gardent leur viabilité. En ce qui concerne le mode d'action, les cellules du mésentéron chez les espèces de moustiques sensibles, notamment celles de l'estomac posté­ rieur, semblent être les cibles de Bacillus sphaericus. Les cellules atteintes réagissent par un ballonnement, une vacuolisation, une lyse cellulaire et ensuite un éclatement. Par contre, chez les espèces non sensibles, aucune altération cytologique du mésentéron n'a été observée ; les cellules épithéliales ne semblent pas être atteintes par l'action de cette bactérie. Dans des gites naturels, la persistance de Bacillus sphaericus semble dépendre non seulement de la concentration appliquée mais aussi de plusieurs facteurs ayant une influence défavorable sur la viabilité et la toxicité des spores. La qualité de l'eau et l'effet des rayons solaires sur les spores sont deux facteurs importants pour les raisons suivantes les spores perdent leur viabilité et leur toxicité sous l'action des rayons solaires. Ces spores seraient donc mieux protégées dans les gîtes ombragés que dans ceux à ciel ouvert, la persistance dure beaucoup plus longtemps dans des gîtes à eau polluée que dans ceux à eau claire. La sédimentation de la bactérie est telle que quelques heures après application, la répartition des spores est homogène dans le milieu quelle que soit la qualité de l'eau. Au cours des 28 jours d'expérimentation, le nombre de spores accumulées au fond des gîtes est resté relativement constant dans l'eau polluée aussi bien sur le terrain qu'en laboratoire. Une diminution importante de la toxicité des spores des souches 2362 et 2297 accumulées au fond des gîtes naturels est observée après deux semaines d'application. Après 28 jours, les spores perdent la quasi-totalité de leur toxicité larvicide, bien que leur viabilité soit toujours maintenue tout au long de la durée de notre étude. Suite à nos observations au microscope électronique, la perte de toxicité des spores serait due à la disparition de l'inclusion toxique qui se trouve dans l'exosporium. Le recyclage de Bacillus. Sphaericus peut se produire chez les larves en deux étapes : - la première est la phase de la germination : les spores de la souche 1593-4 commencent à germer dans le tube digestif des larves de Culex pipiens deux heures après l'ingestion. - la seconde phase est la sporulation qui commence 24 heures après l'ingestion. Les spores recyclées peuvent demeurer dans la larve morte durant plus de trois mois. Ces spores sont viables et toxiques pour d'autres larves saines de Culex pipiens.