Thèse soutenue

Vies et images maternelles dans la littérature francaise du XVIIIe siècle

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Auteur / Autrice : Isabelle Brouard-Arends
Direction : Robert Mauzi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1987
Etablissement(s) : Paris 4

Mots clés

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Résumé

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Le but de notre étude est de montrer l'évolution d'un personnage, d'une image, la mère, à travers roman, poésie et théâtre, fortement tributaires du discours philosophique qui englobe une approche médicale, démographique, politique. Il en résulte sous une apparence novatrice un enracinement accru des fonctions et des images maternelles les plus conservatrices. L'approche a délimité trois périodes historiques correspondant à des paliers d'intensité différente dans la représentation de la maternité : 1690-1729, 1730-1759, 1760-1790. Une forte recrudescence des oeuvres traitant de la maternité est sensible dans la dernière période parallèlement, elle ouvre la voie à la figure rayonnante du père, confirme dans ses pouvoirs de chef de famille. L'approche de la période révolutionnaire dévoile la famille qui sera celle du XIXe siècle : la mère y tient une place centrale mais dans des domaines bien spécifiques : le foyer et l'éducation des jeunes enfants. Des philosophes comme Rousseau, Diderot, des moralistes comme Marmontel, Florian, des écrivains réalistes comme Retif de la Bretonne, Mercier l'inscrivent dans une constellation familiale où son rôle semble valorisé bien qu'il demeure secondaire. L'étude des différents genres littéraires témoigne d'une certaine carence poétique parce que la poésie n'a pas su amorcer son évolution et demeure encore figée dans un discours descriptif ne donnant guère l'occasion de l'évocation de scenes intimistes génératrices du personnage maternel. Le théâtre essentiellement la comédie, demeure lui aussi enfermé dans des conventions bien qu'apparaissent quelques hardies perspectives dans des pièces comme la mère confidente de Marivaux ou l'école des mères de Nivelle de la Chaussée. C'est le roman, genre neuf et porteur en ce XVIIIe siècle qui est le mieux à même d'offrir des vues nouvelles sur le personnage maternel.