Thèse soutenue

Le devoir democratique en litterature : images du peuple dans le roman sous la troisieme republique : 1890-1939

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Auteur / Autrice : Nelly Wolf
Direction : Roger Fayolle
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Littérature française
Date : Soutenance en 1987
Etablissement(s) : Paris 3

Mots clés

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Résumé

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Sous la troisieme republique, le peuple devient un lieu commun obligatoire de tout un secteur de la representation litteraire. Ce nouveau devoir democratique determine des carrieres d'auteurs (celles d'emile guillaumin ou de charles-louis philippe) et provoque des engagements dans le champ culturel (ceux de romain rolland, de jules romains, d'aragon, etc. ) mais il n'entraine pas la naissance d'un genre romanesque particulier, le realisme et ses codes continuant a s'imposer presque partout. Les representations les plus frequentes, celles de l'ouvrier et du paysan, donnent lieu a des reussites inegales. Le personnage ouvrier, prisonnier des schemas politiques, ne parvient pas a la maturite litteraire, tandis qu'a l'inverse, le paysan, mis en scene par ramuz, giono ou genevoix, sert de point d'appui a une reflexion sur les fondements de la societe ou de la civilisation. Les romans sur les domestiques ou sur les delinquants issus des basses classes sont des genres en extinction, meme si certains auteurs, comme proust ou, a un moindre niveau, carco, reussissent une derniere fois a interpreter ces figures d'une facon eclairante pour la societe contemporaine. Au meme moment apparait une nouvelle image, celle du peuple ordinaire, incarne par des employes a la destinee derisoire (chez duhamel) ou apprehende dans des tableaux collectifs de la vie rurale (marcel ayme), ou urbaine (dabit, celine). C'est finalement dans le domaine du langage que le roman aura, pendant cette periode, le plus contribue a faire progresser la representation des classes populaires. Le francais elementaire, le francais oral populaire acquierent peu a peu une place dans le style narratif, jusqu'a ce que la revolution celinienne impose la langue populaire comme base du francais litteraire moderne.