Thèse soutenue

Mort apparente et mort imparfaite : l'incertitude des signes de la mort dans la médecine des lumières (1740-1800)

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Auteur / Autrice : Claudio Milanesi
Direction : Mirko Dražen Grmek
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1987
Etablissement(s) : Paris 1

Résumé

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La doctrine de l'incertitude des signes de la mort s'affirma dans la médecine de la seconde moitié du XVIIIème siècle. La valeur diagnostique des signes traditionnels -absence de sentiment et de mouvement, de battement du cœur et de symptômes de la respiration, etc. - est critiquée par J. B. Winslow et J. J. Bruhier; le seul signe de la mort qu'ils considèrent comme certain est la putréfaction. Cette doctrine sceptique est fondée sur un recueil de cas de mort apparente et d'inhumation prématurée qui, pour la plupart, sont hérités des traditions littéraires et populaire, et réinterprétés comme "cas cliniques" par J. J. Bruhier. Elle est le résultat de la crise du modèle platonicien et chrétien, pour qui la mort était un simple instant, soit le moment où avait lieu la séparation de l'âme d'avec le corps. Au contraire, d'après la nouvelle médecine issue de la révolution scientifique, la mort va devenir le processus d'interruption progressive des sous-systèmes fonctionnels. Cette doctrine des signes de la mort nourrit une peur névrotique, celle d'être enterré vivant, qui devient, dans ces années, une véritable phobie collective. Elle est aussi à l'origine du développement de certains domaines de recherche : les études sur les états- frontière entre la vie et la mort et sur la physiologie de la mort, et les progrès des techniques de réanimation.