Thèse soutenue

La position internationale de la Grèce dans le concert européen : sa politique extérieure pour la réalisation de la "grande idée", 1897-1913

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Auteur / Autrice : Stlilianos Kiosses
Direction : Jacques Thobie
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Histoire
Date : Soutenance en 1987
Etablissement(s) : Paris 1

Résumé

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La politique de la "grande idée" consistait en l'annexion de tous les territoires qui, revendiqués comme des régions helléniques, faisaient partie de l'empire ottoman. Une politique dirigée non seulement contre la Turquie mais aussi contre les puissances européennes et balkaniques qui à leur tour liaient au maintien ou au renversement du "statu quo" existant la promotion de leurs intérêts. La défaite de la Grèce, lors de la guerre gréco-turque de 1897, combine à la consolidation politique de ses voisins balkaniques, imposa à Athénées une politique de défense face à ces derniers, pour laquelle une politique de "bons rapports" avec Constantinople devenait nécessaire. Des questions telle que la Macédoine, l'Epirealbanie ou la Crète opposèrent la Grèce non seulement à la Turquie mais aussi aux états balkaniques et aux grandes puissances, fait qui donna à la position internationale de la grâce un certain degré de fragilité et d'isolement politique. La révolution des jeunes-turcs, les changements politiques survenus dans les Balkans en 1908 et l'apparition de Venizelos sur la scène politique du continent grec signifièrent le début d'une nouvelle phase dans l'évolution de la politique nationale de la Grèce. La conclusion des alliances balkaniques, les deux guerres balkaniques de 1912 et 1913, ainsi que les conférences de Londres et de Bucarest aboutirent, en 1913, d'une part à la formation d'une nouvelle carte politique dans le sud-est européen et d'autre part à la réalisation partielle de la "grande idée" hellénique. La politique de la "grande idée" visait à l'expansion territoriale de la Grèce au détriment de la Turquie. Cependant cette dernière était loin de constituer le seul et même le principal facteur d'opposition. Les pays balkaniques et les puissances européennes se présentaient comme des ennemis de la "grande ide" helléniques. Dans ce contexte la Grèce, étant donne sa position privilégiée par rapport à l'héritage de l'empire ottoman, adopte une politique de défense face à toute forme de danger venu de l'extérieur. Cette politique ne situe cependant pas la Grèce en dehors du système impérialiste de l'époques. L'impérialisme grec, dans le cadre de l'expansionnisme balkanique, était toutefois un impérialisme spécifique, dans la mesure où il dépendait pour une large part des intérêts politico-economiques de l'impérialisme européen.