Nation et peuples dans les constitutions modernes
| Auteur / Autrice : | Stéphane Pierré-Caps |
| Direction : | François Borella |
| Type : | Thèse de doctorat |
| Discipline(s) : | Droit public |
| Date : | Soutenance en 1986 |
| Etablissement(s) : | Nancy 2 |
| Partenaire(s) de recherche : | Autre partenaire : Université de Nancy II. Faculté de droit, sciences économiques et gestion |
Mots clés
Mots clés contrôlés
Résumé
L'analyse du concept de nation dans les constitutions modernes consiste a mettre en evidence les procedes par lesquels les textes constitutionnels operent le passage d'une realite sociologique plus ou moins structuree a une entite juridique, et ceci sous l'egide du cadre etatique. Cette analyse avait a surmonter un triple obstacle : d'abord, le fait que le concept de nation n'ait jamais fait l'objet d'une apprehension juridique. Au sein du constitutionnalisme classique en effet, l'organisation du pouvoir politique puise sa raison d'etre dans l'anteriorite sociologique de la nation par rapport a l'etat. Puis la necessite de considerer l'ensemble du corpus constitutionnel mondial, impliquant celle de construire le concept juridique de l'etat-nation sur la base du triptyque etat-constitution-nation, en tant qu'organisation des societes politiques contemporaines, pour en faire ainsi l'armature du corpus constitutionnel. Enfin l'heterogeneite de la plupart des societes politiques nationales, qu'exprime le concept de peuple. Qu'il s'agisse de l'etat unitaire ou de l'etat federal, l'etat-nation s'efforce toujours d'integrer les peuples etatiques dans la construction du vouloir-vivre ensemble national. Un etat ne peut se maintenir ni se justifier s'il ne s'agrege une societe politique unifiee et homogene. Pour cela la constitution, appareil normatif supreme, a pour fonction premiere de secreter l'unite sociale du groupe qu'exprime le concept juridique de nation, par reference a une unite prealablement amorcee au niveau sociologique. Il faut donc desormais considerer que toute constitution, avant d'organiser le pouvoir politique, doit, avec plus ou moins d'intensite mais sans aucune exception, construire l'armature juridique ou s'inscrira le devenir du groupe et le pouvoir qui l'organise.