Recherches sur les modalités de l'interdépendance nutritionnelle entre vers de terre et microflore dans la savane guinéenne de Lamto (Côte d'Ivoire) : esquisse d'un système interactif

par Zahia Zaidi

Thèse de doctorat en Écologie

Sous la direction de Directeur de thèse inconnu.

Soutenue en 1985

à Paris 11 , en partenariat avec Université de Paris-Sud. Faculté des sciences d'Orsay (Essonne) (autre partenaire) .

Le président du jury était Bernard Saugier.


  • Résumé

    Les espèces géophages prédominent dans les communautés de Lumbricidae dans la savane tropicale de Lamto (Côte d’Ivoire). Leur activité est considérable : 1000 T de terre transitent par le tube digestif/ha/an, ce qui équivaut à une couche de 8,6cm. 30 T de turricules sont rejetés en surface, ce qui crée au sein du sol un vide qui représente 35 m³/ha. Pour situer le rôle de Millsonia anomala (Magascolecidae, Oligochaeta) dans le compartiment sol, on a enrichi des échantillons amenés à pF 2. 5 (14%) en composts (1%) aérobies et anaérobies, de feuilles et de racines de Loudetia simplex. Des élevages in vitro ont montré l’effet de ces différents substrats organiques sur l’alimentation des vers. Si les racines sont une nourriture médiocre, les feuilles permettent une bonne croissance, avec des différences notables selon le degré de maturation des composts. La consommation, en effet, s’accroit quand la qualité nutritive de ces derniers diminue. On suppose, par conséquent, un rôle déterminant de la fraction hydrosoluble. Pour vérifier cette hypothèse, la terre a été enrichie, dans une autre série d’élevage, avec différentes doses d’extraits hydrosolubles de feuilles de Loudetia. Cet essai vérifie ce qui avait été postulé. Il s’est avéré que les turricules produits sont plus riches en hydrosolubles que la terre ingérée, quand celle-ci en est peu pourvue, mais qu’en même temps, leur activité respiratoire était plus intense. L’inverse est le cas, si les hydrosolubles abondent dans la terre ingérée. On en conclue que les vers tirent leur subsistance de la fraction hydrosoluble de la MO du sol qu’ils exploitent conjointement aux microbes. Cependant, on observe tous les termes entre ralentissement et activation de la microflore, selon les conditions de la compétition nutritionnelle. Les relations entre vers et microbes apparaissent complexes, le ver agit sur la microflore, essentiellement par le mucus qu’il sécrète, alors que celle-ci agit sur le ver par les produits hydrosolubles issus de son activité métabolique. L’activité microbienne, mesurée lors du cheminement de la terre dans le tractus digestif du ver, confirme les résultats obtenus au moyen des élevages. Elle reflète aussi l’intervention des capacités sorptives du colloïde minéral ingéré, tant vis-à-vis des substrats, que des enzymes et des microorganismes. Au total, ce travail fournir des éléments pour une meilleure compréhension du système mutualiste ver/microbes et ouvre la voie à une modélisation des interactions entre ver, MO et microbes. Ces relations d’interdépendance conditionnent en partie la fertilité des savanes tropicales. Leur étude livre donc une clé pour une exploitation rationnelle des ressources agricoles de cet écosystème.

  • Titre traduit

    Research on the modalities of nutritional interdependence between earthworms and microflora in the Guinean Savana of Lamto (Cote d'Ivoire) : draft of an interactive system


  • Résumé

    The geophagous species predominate within the Lumbricidae communities in the tropical savanna of Lamto (Ivory Coast). Their activity is momentous : 1000 T of earth pass through their digestive duct/ha/year, which is equivalent to a layer of 8. 6 cm. 30 T of castings are rejected at the surface, which shapes out a void amidst the sail equivalent to 35 m³/ha. In order to delineate the role of Millsonia anomala (Megascolecidae, Oligochaeta) in the soil compartment, samples brought to pF 2. 5 (14 %) were enriched in composts (1 %) bath aerobes and anaerobes of leaves and roots of Loudetia simplex. In vitro breeding showed the effect on the worms feeding of those different organic substrates. Whereas roots are a poor nutriment, leaves allow a thriwing growth, with notable differences according to the degree of compost maturation. Intake, indeed, increases when the nutritive quality of the latter decreases. Consequently, one supposes a conclusive role of the water-soluble fraction. To verify this hypothesis, sail was enriched, in another breeding series, with various doses of water-soluble extracts of Loudetia leaves. This assay confirms what had been laid out. The castings produced proved to be richer in water-soluble substances than the ingested sail, when this one is but little endowed. At the same time, their respiratory activity was more intense. The reverse is true when hydrosolubles are plentiful in the sail taken in. One construes that the worms draw their subsistence from the sail organic matter water-soluble fraction, which they work up jointly to the microbes. However, one observes all the stages between slackening and activation of the microflora, according to the conditions of the nutritional competition. Relations between wormsand microbes appear to be complex. Worms act upon the microflora, mainly by way of the mucus secreted, when the latter acts upon the worm by means of the water-soluble compounds born of its metabolic activity. Microbial activity, measured at the time of the moving on of the sail within the worms digestive duct, asserts the results obtained by means of the breedings. It reflects moreover the intervention of the sorptive capacity of the ingested mineral colloid, bath towards substrates and enzymes as well as microorganisms. Summing up, this investigation brings forth clues towards a better apprehension of the worms/microbes mutual system and yields ways and means to a modelisation of worm, organic matter and microbes interactions. These interdependency relations bear partly upon the tropical savanas fertility. Their study, therefore, delivers a key to a rational exploitation of that ecosystem's agricultural resources.

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Informations

  • Détails : 1 vol. (VIII-111-XXVI p.)
  • Notes : Publication autorisée par le jury
  • Annexes : Bibliogr. p. 39 et I-XXVI

Où se trouve cette thèse\u00a0?

  • Bibliothèque : Université Paris-Saclay. DIBISO. BU Orsay.
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : 0g ORSAY(1985)229
  • Bibliothèque : Centre Technique du Livre de l'Enseignement supérieur (Marne-la-Vallée, Seine-et-Marne).
  • Disponible pour le PEB
  • Cote : TH2014-034057
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