Thèse soutenue

Remédiation olfactive connectée : impact sur la cognition et le bien-être

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Auteur / Autrice : Erwan Moussy
Direction : Marion RichardMoustafa BensafiCamille Ferdenzi
Type : Thèse de doctorat
Discipline(s) : Neurosciences
Date : Soutenance le 09/12/2024
Etablissement(s) : Lyon 1
Ecole(s) doctorale(s) : École doctorale Neurosciences et Cognition (NSCo) (Lyon)
Partenaire(s) de recherche : Laboratoire : Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (Bron ; Saint-Priest-en-Jarez ; 2011-....)
Equipe de recherche : Neurobiology and Plasticity of Olfactory Perception
Jury : Président / Présidente : Denis Pierron
Examinateurs / Examinatrices : Marion Richard, Moustafa Bensafi, Hélène Amieva, Corine Amat, Catherine Dacremont
Rapporteurs / Rapporteuses : Denis Pierron, Hélène Amieva

Mots clés

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Résumé

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L’odorat remplit des fonctions fondamentales dans le quotidien à travers son implication dans la détection de dangers, la prise alimentaire et les relations sociales. Par conséquent, la perte partielle (hyposmie) ou totale (anosmie) d’odorat a un impact significatif sur les conditions de vie, en affectant la santé physique et mentale des personnes touchées. Un nombre important de personnes sont concernées par les troubles de l’odorat, nombre qui est amené à croitre dans le contexte post-crise sanitaire du COVID-19 et en raison du phénomène de vieillissement des populations. Malgré leurs importantes prévalences et conséquences, les troubles de l’odorat sont mal pris en charge à cause d’un double manque d’accès au diagnostic et de traitements efficaces. Parmi les stratégies de remédiation olfactive, l’entrainement olfactif a émergé comme une piste prometteuse mais il reste à être optimisé car son efficacité apparait variable selon les études. L’entrainement olfactif pourrait également présenter des bénéfices plus larges sur le fonctionnement cérébral, qui sont actuellement peu explorés. Ce travail de thèse propose de nouvelles stratégies de diagnostic et de remédiation innovantes pour améliorer la prise en charge des troubles de l’odorat. Il explore également l’intérêt de l’entrainement olfactif en tant que stratégie de promotion globale du bien-vieillir au niveau cérébral. Nous avons développé une nouvelle génération de tests olfactifs connectés, permettant une évaluation rapide et facile des capacités olfactives, plus compatible avec une utilisation en routine clinique que les tests psychophysiques existants. Basé sur un score d’identification et d’évaluation de l’intensité de 8 odeurs, ce test permet d’identifier avec fiabilité les personnes souffrant d’anosmie de diverses origines. Afin d’améliorer l’efficacité de l’entrainement olfactif, nous avons développé un protocole assisté par une plateforme numérique, permettant d’améliorer le suivi de l’entrainement et l’adhérence du patient. Nous avons également testé si l’augmentation de la fréquence d'exposition aux odeurs ou le renouvellement des odeurs durant l’entrainement olfactif permettraient d’améliorer la récupération olfactive. Chez des patients post-COVID-19 présentant des déficits olfactifs persistants, un entrainement olfactif de 3 mois permet une amélioration de la perception olfactive ainsi que de la qualité de vie (notamment du plaisir alimentaire). Toutefois, l’augmentation du nombre d’odeurs senties quotidiennement ne semble pas améliorer l’efficacité de cet entrainement olfactif. Un entrainement basé sur l’utilisation de produits odorants du domicile se révèle également efficace mais nécessite une vigilance particulière vis à vis de l’adhérence du patient. Nous avons ensuite testé l’intérêt d’un entrainement olfactif avec renouvellement des odeurs, chez des participants âgés avec ou sans troubles de l’odorat. Les résultats suggèrent une meilleure récupération olfactive des participants dysosmiques ayant suivi cet entrainement pendant 4 mois, comparés à ceux ayant suivi à un entrainement avec une seule et même odeur. Enfin, nous avons évalué les potentiels bénéfices de l’entrainement olfactif avec renouvellement des odeurs sur la cognition des participants âgés, ainsi que sur le bien-être, la qualité de vie et l’appréciation alimentaire. Nos résultats ne montrent pas d’amélioration significative de la cognition, mais un bénéfice sur les symptômes dépressifs des participants âgés, avec ou sans troubles de l’odorat. L’analyse de l’activité du système noradrénergique ne montre pas de modification suite à l’entrainement olfactif, suggérant que celui-ci ne contribue pas aux mécanismes sous-tendant les bénéfices de l’entrainement. L’ensemble de ce travail ouvre donc de nouvelles perspectives pour le diagnostic et la remédiation des déficits olfactifs. Il suggère également que l’utilisation des odeurs pour promouvoir le bien-vieillir cérébral reste à approfondir.