Sous le signe du Tau : de la fraternité laïque à l'abbaye, Saint-Antoine et son réseau de dépendances dans les Alpes occidentales du XIe au XVe siècle

par Julie Dhondt (Martrette)

Thèse de doctorat en Histoire

Sous la direction de Alain Dubreucq.

Thèses en préparation à Lyon , dans le cadre de École doctorale Sciences sociales (Lyon) depuis le 01-09-2013 .


  • Résumé

    Sous le signe du Tau, est une recherche à la croisée de l’histoire religieuse, hospitalière et sociale. La fraternité laïque qui naquit à Saint-Antoine sous l’impulsion de deux nobles, Gaston et Guérin à la fin du XIe siècle, fit de l’hospitalité sa vocation première et des reliques du saint, l’essence de son existence. La tutelle de l’abbaye de Montmajour, sous laquelle la fraternité était placée, n’entrava pas son expansion et la petite communauté fut rapidement à la tête d’un réseau de dépendances étendu. Dans un contexte de régularisation de la vita religiosa, Innocent IV transforma ce premier mouvement confraternel en ordre canonial en 1247. Érigée en abbaye et soustraite de la tutelle des Bénédictins de Montmajour par Boniface VIII en 1297, Saint-Antoine devint progressivement une puissance politique et religieuse au cœur du Dauphiné et de la Savoie. Entre pratiques liturgiques, dévotionnelles et hospitalières, les chanoines de Saint-Antoine développèrent un propositum vitae spécifique, une voie médiane au sein des chanoines réguliers. Pleinement insérés dans la société féodale, leur engagement auprès des dauphins, des rois de France et des ducs de Savoie contribua à l’émergence de nouveaux réseaux aristocratiques locaux. Sous le signe du Tau s’écrivait ainsi l’histoire d’une vocation originelle au prisme des mutations de la société féodale.

  • Titre traduit

    Marked by the Tau : from lay fraternity to abbey, Saint-Antoine and its network of dependencies in the western Alps from XIth to XVth century


  • Résumé

    Marked by the Tau, is a research at the crossroads of religious, hospitable and social history. The lay fraternity which was born in Saint-Antoine under the impulse of two noblemen, Gaston and Guérin at the end of the eleventh century, made hospitality its primary vocation and relics of the saint, its essential purpose. Placed under the tutelage of the Abbey of Montmajour, this relationship did not hinder its expansion and the little fraternity was quickly at the head of an extensive network of dependencies. In a context of regularisation of the vita religiosa, Innocent IV transformed this first fraternal movement into a canonical order in 1247. Erected as an abbey and withdrawn from the tutelage of the Benedictines of Montmajour in 1297 by Boniface VIII, Saint-Antoine gradually became a political and religious power in the heart of the Dauphiné and Savoy. Between liturgical, devotional and hospitable practices, the canons of Saint-Antoine developed a specific propositum vitae, a middle path within the regular canons. Fully integrated into feudal society, their commitment to dauphins, kings of France and dukes of Savoy contributed to the emergence of new local aristocratic networks. Marked by the Tau is thus written the story of an original vocation struggling with the changes in feudal society.