Être ensemble et temporalités politiques

par Jean-Paul Nicolaï

Projet de thèse en Philosophie et sciences sociales

Sous la direction de Olivier Abel.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 20-12-2011 .


  • Résumé

    Afin d’espérer développer une philosophie politique qui reconnaisse d’emblée notre interdépendance, nous travaillons dans une première partie à établir des hypothèses sur ce qu’on entend par réalité et sur notre accès à cette dernière. Une ontologie événementielle paraît compatible avec l’ontogénèse narrative qui nous constitue individuellement en constituant un « nous ». Il faut pour cela imaginer chacun s’imaginant le monde et apprenant au travers d’histoires, dans une logique inductive qui peut réconcilier la phénoménologie herméneutique d'une part et l’apprentissage statistique de l'autre. De ces histoires chacun tire des universaux, interprétables comme des composantes principales d’une analyse statistique factorielle de ces histoires qui nous constituent. Le temps joue un rôle clef dans la dynamique de cette constitution autant que dans celle des événements rassemblés dans ces histoires. L’enjeu est finalement de partager ces universaux dans une histoire commune, ou, à l’inverse, dans une rupture temporelle qui permet peut-être de mieux accéder à un monde commun. Nous travaillons alors dans une seconde partie la question du vivre ensemble avec les idées républicaines de liberté, d’égalité et de fraternité, et avec celles de pluralité et de confins. L’écologie politique que l’on aperçoit alors est aussi républicaine que libertaire. Dans ce cadre, la justice s’exprime par la justesse, la fidélité, la sensibilité et par une juste démesure. L’impératif catégorique s’y décline dans la nécessité de rendre les autres beaux, libres, et puissants et d’apprendre ensemble. Le Droit apparaît comme s’élaborant dynamiquement dans le temps même où s’élabore la Cité. La possibilité du radicalement nouveau travaillée dans la première partie autorise d’articuler la liberté et les institutions. La logique d’un code d’honneur permet in fine de ne pas s’abandonner à la Raison toute puissante sans pour autant renoncer aux Lumières.

  • Titre traduit

    Being together and political temporalities


  • Résumé

    In order to hope to develop a political philosophy that immediately recognizes our interdependence, we work in a first part to establish assumptions about what we mean by reality and our access to it. An event-based ontology seems compatible with the narrative ontogenesis which constitutes us individually by constituting a "we". This requires imagining everyone imagining the world and learning through stories, in an inductive logic that can reconcile hermeneutic phenomenology on the one hand and statistical learning on the other. From these stories each identifies universals, interpretable as principal components of a factorial statistical analysis of these stories that constitute us. Time plays a key role in the dynamics of this constitution as well as in the events gathered in these stories. The stakes are ultimately to share these universals in a common story, or, conversely, in a temporal break that may allow better access to a common world. We then work in a second part on the question of living together with republican ideas of freedom, equality and fraternity, and with those of plurality and boundaries. The political ecology that we see then is as republican as libertarian. In this context, justice is expressed by rightness, fidelity, sensitivity and a “fair excess”. The categorical imperative lies in the need to make others beautiful, free, and powerful, and to learn together. Law appears to develop dynamically in the very time that the City is developed. The possibility of the radically “new” worked in the first part allows articulating freedom and institutions. The logic of a code of honor ultimately allows not to surrender to the Almighty Reason without giving up the Enlightenment.