Les groupes parlementaires à l’Assemblée nationale sous la Vème République.

par Francis Donazar

Thèse de doctorat en Droit public

Sous la direction de Armel Le Divellec.


  • Résumé

    Formations intérieures des assemblées parlementaires, inhérentes au Gouvernement représentatif moderne, quoique leur existence ait longtemps été contestée en France comme ailleurs, les groupes parlementaires ont su s’imposer dans le temps par la pratique institutionnelle pour devenir des acteurs incontournables et prépondérants de la vie politique. L’Histoire parlementaire - des Etats généraux de 1789 à nos jours - confirme d’ailleurs une dimension naturelle et spontanée de la formation des groupes. Ce sont aujourd’hui des institutions reconnues et encadrées par le droit (d’abord par la résolution du 1er juillet 1910 modifiant le règlement de la Chambre, puis par une apparition constitutionnelle écourtée sous la IVème, pour enfin une reconnaissance constitutionnelle formelle le 23 juillet 2008). Rouages essentiels de la vie parlementaire et des relations politiques des assemblées avec l'Exécutif, leur consécration juridique est entrée en tension avec les principes classiques du mandat représentatif (en particulier la prohibition du mandat impératif) et la nature du pouvoir délibératif qu’est le Parlement, primat de principe de la séance publique dans l'exercice des fonctions du Parlement. Renforcés par l'avènement de la démocratie de partis, prolongement naturel de la démocratie électorale dont ils assurent, en théorie, la cohérence au plan parlementaire (tant pour la majorité que pour la minorité), les groupes parlementaires ont su s’imposer sur l’échiquier politique puis institutionnel pour devenir une pierre angulaire de la démocratie représentative. L'objet de la recherche, qui nous projette au cœur de la vie politique, est d'analyser non seulement la place que leur reconnaît le droit constitutionnel et parlementaire positif français, mais également les limites inhérentes à celui-ci, face à un phénomène qui est intrinsèquement politique et indispensable à la pratique institutionnelle.

  • Titre traduit

    Parliamentary groups in the French National Assembly during the Fifth Republic.


  • Résumé

    Parliamentary groups - which are inherent to the contemporary representative government - constitute the internal formations of parliamentary assemblies. Institutional practices have progressively put the emphasis on parliamentary groups over time and, albeit lambasted for a long time in France and in other regions, the latter have become key players in political life. From the 1789 Estates General, the French parliamentary history has revealed a natural and spontaneous propensity to form groups. Nowadays parliamentary groups are recognised institutions which are enshrined in law. First acknowledged by the July 1, 1910 resolution which modified the rules of the Chamber of Deputies, then by the short-lived Constitution of the Fourth Republic, these cogs in the machine of parliamentary life and political relations between assemblies and executive branch were formally recognised in the Constitution of the Fifth Republic on July 23, 2008. This legal anchoring has exacerbated tensions with the classic principles of representative mandates - the ban of imperative mandates in particular - and with the core nature of Parliament, i.e. being a deliberative body, which are the central tenets of parliamentary open sessions. The establishment of multiparty democracy has reinforced parliamentary groups: as the natural continuation of the electoral democracy of which they ensure consistency on the parliamentary level, both for the majority and the opposition, parliamentary groups have proved to be essential in the political chessboard, then in the institutional spectrum. Nowadays they are the cornerstone of representative democracy. The objective of this research which tackles the very heart of political life is to analyse the role assigned to them under the French positive constitutional and parliamentary law, but also to highlight the limits of the latter to this inherently political and inevitable phenomenon.