Perception de similarités en morphologie lexicale en français et grec L1 et L2 : études chronométriques en compréhension écrite du mot construit

par Maria Tsilioni

Thèse de doctorat en Études néo helleniques

Sous la direction de Marie-Paule Masson.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec LLACS - Langues, Litteratures, Arts et Cultures des Suds (laboratoire) depuis le 01-09-2010 .


  • Résumé

    L'objet de ce travail concerne la morphologie lexicale des mots d'origine grecque faisant partie du lexique français (mots cognates ou cognats) et son traitement de la part du locuteur. Le repérage des informations de nature morphologique, c'est-à-dire des ressemblances et co-occurrences entre forme et contenu des mots construits (morphologiquement complexes), constitue la première étape de ce traitement. Nous cherchons à déterminer, à travers une méthodologie expérimentale rigoureuse, les facteurs de nature morphologique qui guident l'acquisition et le traitement du mot écrit, pour plusieurs types de population : des locuteurs natifs du grec d'une part, et d'autre part, des locuteurs natifs du français ayant le grec comme L2 ou ne maitrisant pas le grec du tout. Les facteurs étudiés ont trait à la fréquence, par exemple celle du préfixe, et à la saillance, variable beaucoup moins étudiée, dont la définition ici prend en considération à la fois l'axe syntagmatique et paradigmatique. Les résultats (temps de réaction et erreurs), après analyse statistique complète et de nombreuses comparaisons inter-groupes, conduisent aux conclusions suivantes : d'une part, la grande parenté entre la compétence du locuteur L1 et L2, signe que le lexique bilingue n'est pas scindé en deux parties, mais représente une architecture lexico-sémantique unifiée ; d'autre part, la tendance du sujet parlant à opérer des appariements sur la base de ce qui est connu pour traiter ce qui n'est pas connu, ou l'est moins. Cette tendance repose en grande partie sur la segmentation morphologique, qui à son tour se trouve modulée par la compétence langagière des participants. Enfin, la différence de traitement entre la préfixation et la suffixation, différence qui aurait trait à la fois à des facteurs perceptifs, mais aussi au statut particulier du préfixe d'un point de vue sémantique.

  • Titre traduit

    Perception of similarities in lexical morphology between French and Greek L1 and L2: chronometric studies in written comprehension of the constructed word


  • Résumé

    This research concerns the lexical morphology of words of Greek origin belonging to the French lexicon (cognates) and its processing. Spotting morphological information, i.e. the similarities and co-occurrences between form and meaning present in constructed words (morphologically complex words), constitutes the first stage of processing. Using experimental methodology and protocols, we seek to determine the factors of morphological nature guiding written word acquisition and processing, for several types of participants: Greek native speakers and French native speakers having Greek as a second language, or not. The factors studied here are related to frequency, e.g., prefix frequency, and to salience, a much less studied variable, the definition of which integrates the syntagmatic as well as the paradigmatic axes. Our results (reaction times and errors) make the object of thorough statistical analysis and several inter-group comparisons, which lead us to the following conclusions: first, the great similarity between the L1 and the L2 speaker's competence. This suggests that the bilingual mental lexicon is not cut in two parts but constitutes a common lexico-semantic architecture; Second, the subject's trend toward operating mappings based on elements she masters in order to process what is not or is partially mastered. This trend relies on morphological segmentation which, in turn, is modulated by subjects' linguistic competence; Finally, the processing difference between prefix and suffix, related to factors of perceptive nature but also to the status of the prefix from a semantic point of view.