Pour augmenter le culte divin : les messes perpétuelles dans le diocèse d'Avignon au temps de la papauté du XIVe siècle

par Tadao Inde

Projet de thèse en Histoire


Sous la direction de Jacques Chiffoleau.

Thèses en préparation à Paris, EHESS , dans le cadre de École doctorale de l'École des hautes études en sciences sociales depuis le 01-11-2005 .


  • Résumé

    La chapellenie et l’anniversaire sont considérés comme une dévotion pour le repos de l’âme après la mort. Mais on peut supposer que la chapellenie contienne un autre motif. Le Pape Jean XXII, lorsqu’il s’est installé en Provence avec sa curie, à l’instar des églises éparpillées dans la région entourant le Saint-Siège de Rome, a sans doute voulu voir une autre « métropole liturgique » autour d’Avignon où aux lieux de culte proliférés se pratiquent tout régulièrement l’eucharistie. Ainsi, dans le diocèse d’Avignon, il a créé trois chapitres collégiaux, autrement dit « les chapellenies », à Noves, à Saint-Rémy et dans la ville d’Avignon. Afin d’assurer les revenus pour ces nouvelles chapellenies, le pape s’est surtout attaché à détenir le directum dominium des immeubles acquis. Cette réflexion économique a été réutilisée par les deux prévôts du chapitre collégial de Saint-Paul-de-Mausole, lorsqu’ils ont inventorié les recettes de la collégiale. C’est notamment l’analyse des actes de fondations d’anniversaire souhaités par les sœurs Guiranne qui dévoile les difficultés de la gestion des biens, malgré leur dépendance de la seigneurie de la collégiale. La deuxième moitié du XIVe siècle est la période plus tardive marquée par le retour de la papauté à Rome et les conséquences de la première vague de peste noire. Dans telles circonstances autour du chapitre cathédral d’Avignon, le prévôt Odo Monetarii s’est mis à répertorier tous les cens à récupérer, y compris ceux destinés à la chapellenie, pour une gestion plus efficace du compte capitulaire. Toutes les analyses des documents concernant ont révélé que le principe de l’action de la prévôté était de détenir systématiquement le directum dominium du contrat d’emphytéose des cens. De surcroît, à la cathédrale d’Avignon, certaines chapellenies fondées par le dignitaire ont été « favorisées » par le chapitre. Ainsi, pour les fondations du cardinal Bernard d’Albi et celles du comte de Beaufort, le chapitre s’est mêlé « à l’excès » de la préparation des revenus à léguer et de l’entretien financier après la fondation. D’autre part, le chapitre a tâché de maintenir une chapellenie créée par Raolinus Amici, ancien prévôt capitulaire décédé plus de cinquante ans auparavant. Aussi, le chapitre cathédral a entièrement intégré le compte de cette chapellenie dans le compte ordinaire capitulaire de ses directes, en changeant vraisemblablement toutes les ressources initialement assignées pour les cens sur les parcelles situées extra muros. Cette mesure semble s’intégrer dans la politique capitulaire, « travaux publics », de développement des terres moins peuplées à la banlieue de la ville, par l’allotissement. L’examen des nominations et de l’entretien des chapelains permet de déterminer leur place à l’intérieur de chaque communauté ecclésiastique. En général, le premier chapelain nommé lors de la fondation était un consanguin du fondateur. Mais ce droit de patronage du fondateur de présenter le chapelain s’exerce moins en moins. Enfin le poste du chapelain est parvenu à la libre disposition de l’Église. En réalité, la fonction des chapelains dépend d’une cathédrale, d’une collégiale ou d’une église paroissiale. Néanmoins, le diocèse d’Avignon

  • Titre traduit

    To increase the divine cult : the perpetual mass in the diocese of Avignon in the period of 14th century papacy


  • Résumé

    The perpetual chantry and the anniversary are considered devotions motivated by the peace of the soul after death. However, we believe that the perpetual chantry implicates another motif. When the Pope John XXII settled in Provence with his curia following the example of the churches scattered about the region surrounding Holy See of Rome, he probably wanted to see another «liturgical metropolis» where the mass is celebrated very regularly in sanctuaries. Thus, he established three collegiate chapters in the Avignon diocese, also known as «perpetual chantries», specifically in Noves, Saint-Rémy, and the city of Avignon. To assure its revenue, the pope made an effort to hold the directum dominium of the acquired properties. This economic reflection was reused by two provosts from the collegiate chapter of Saint-Paul-de-Mausole, when they drew up an inventory of the chapter’s revenues. By analysing the foundational acts of the anniversary hoped by the Guiranne sisters, we can identify the difficulties in administrating the properties, despite the seigneurial rights kept by the chapter. The second half of the XIVth century was characterised by the return of the papacy to Rome and the disastrous consequences of the black death. Under these circumstances, around the chapter of the cathedral of Avignon, the provost Odo Monetarii started to list all rights of cens to collect, including those for maintaining the perpetual chantries. This was for a more effective administration of the chapter accounts. All analyses of the documents concerning revealed that the main goal of the provost was to systematically keep the dirctum dominium of the contract of emphysema of cens. In fact, in the cathedral of Avignon, some chantries founded by the three dignitaries were «favoured» by the chapter. The foundations of the cardinal Bernard d’Albi and the count of Beaufort worked together «excessively» in their preparation of the revenues to be bequeathed and in the financial maintenance after the foundation. Notably, the chapter tried to maintain a chantry founded by Raolinus Amici, the former provost of the chapter, who died more than 50 years ago. In this case, the chapter of the cathedral completely integrated the account of this chantry in the capitular ordinary account, and probably changed all the revenues initially assigned to the cens collected from the plots of land sitting in extramuros. Presumably, this measure was included in the politics of the chapter, «public works» of development of lands, and less populated areas in the suburb of the city. By analysing the nominations and the living support of the chaplains, we can determine their place inside each ecclesiastical community. In general, the first chaplain nominated at the time of the foundation was a relative of the founder. However, this right of the founder to recommend the chaplain was practiced less and less until finally the post of chaplain was awarded at the discretion of the church. The function of the chaplains depends on the cathedral, college, or parochial church. Nevertheless, the diocese of Avignon was strict enough with their obligation of liturgy and moral discipline. In the development of the ecclesiology, it is implied that all revenue brought to the church, including tithes, cens, and all kinds of oblations, were to be for «assisting the poor». While the foundation of perpetual mass was motivated by the care for the soul after death and individual faith, through the organised system of the church, the transferred fortune can be reused for public or collective purposes. In this evolution, we can see the consequences of the doctrine of the «communion of saints».