Les invendus dans une économie circulaire
| Auteur / Autrice : | Clémence Lepla |
| Direction : | Denis Voinot, Evelyne Terryn |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Droit privé |
| Date : | Inscription en doctorat le 01/10/2020 |
| Etablissement(s) : | Université de Lille (2022-....) |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale des Sciences Juridiques, Politiques et de Gestion (Lille ; 1992-....) |
| Partenaire(s) de recherche : | Laboratoire : Centre de Recherche Droits et Perspectives du Droit |
| Equipe de recherche : Equipe René Demogue |
Mots clés
Résumé
Longtemps ignorés du droit, les invendus relevaient principalement de la liberté de gestion des opérateurs économiques et des prérogatives attachées à la propriété. Produits neufs destinés à la vente mais n'ayant pas trouvé preneur, ils révèlent pourtant les limites d'un modèle linéaire fondé sur la production, la consommation et l'élimination. Leur destruction, longtemps admise comme une modalité de gestion des stocks, apparaît désormais difficilement conciliable avec l'objectif de transition vers une économie circulaire. L'étude montre d'abord que les invendus constituent une charge. Elle résulte de leur inaptitude à circuler dans le circuit économique. Avant l'intervention directe du législateur, le droit des déchets constituait leur seule voie d'appréhension indirecte, mais cette assimilation demeurait réductrice car elle neutralisait leur qualité de produit neuf. Le droit déplace désormais le curseur de la charge juridique : les invendus deviennent l'objet d'interdictions, d'obligations de gestion et de dispositifs destinés à orienter leurs voies d'écoulement. Ils cessent ainsi d'être de simples aléas commerciaux pour devenir des objets de régulation. La propriété n'est plus seulement un avoir, elle est aussi une source de devoirs. Cette charge n'est pas une fin en soi. Elle est le préalable nécessaire à la reconnaissance des invendus comme ressource. Le réemploi, la réutilisation ou encore le recyclage organisent leur réintégration dans le circuit économique, contestant en droit la logique linéaire. Cette approche demeure toutefois structurellement limitée : en intervenant en aval du cycle productif, elle régule les effets d'un phénomène dont elle laisse subsister les causes. Or, la transition vers une économie circulaire ne saurait se réduire à l'organisation de débouchés secondaires pour des invendus déjà produits ; elle implique une transformation plus profonde des modes de production, de distribution et de consommation. Les invendus apparaissent ainsi comme un révélateur des tensions contemporaines du droit : entre liberté économique et préservation des ressources, entre propriété et utilité sociale, entre marché et environnement. La transformation de l'invendu en ressource demeure incomplète tant que le droit intervient principalement après l'échec de la vente. La prévention de leur formation suppose un déplacement vers l'amont, autour de deux exigences complémentaires : la durabilité des produits, qui préserve leur aptitude à servir dans le temps, et la sobriété, qui tend à réduire les volumes mis en circulation.