Paris-Los Angeles: transferts culturels et artistiques, 1960-1980

par Juliette Degennes

Projet de thèse en Histoire de l'art

Sous la direction de Fabrice Flahutez.

Thèses en préparation à Paris 10 , dans le cadre de École doctorale Milieux, cultures et sociétés du passé et du présent , en partenariat avec Histoire des Arts et des Représentations (laboratoire) depuis le 18-09-2018 .


  • Résumé

    Intitulé « Paris-Los Angeles : transferts culturels et artistiques, 1960-1980 », ce projet de thèse tente de comprendre les transferts culturels qui s'opèrent entre la France et les États-Unis, à travers le prisme de Los Angeles. Il s'agit d'évaluer la construction d'un monde visuel lié à la Côte Ouest des États-Unis au sein du langage plastique des artistes français, à travers d'abord tout un réseau de médias participant à la construction d'un imaginaire californien - cinéma, publicités, magazines - et d'étudier les séjours que les artistes français ont effectué en Californie, les réseaux qu'ils y ont développés, afin de comprendre l'intégration d'une iconographie américaine, dans un contexte de rivalité entre le Vieux Continent et le Nouveau Monde. Cette analyse vise ainsi à étudier l'impact du paysage réel et imaginaire de Los Angeles, l'attraction que la ville exerce sur les artistes français et la façon dont cet Ouest américain se traduit dans le langage plastique à partir des années 1960, mais également l'émergence de nouveaux réseaux artistiques. Ville à l'écart du système du marché de l'art, ce sont des activités qui décloisonnent les genres, entre performance, installation, et cinéma, et qui permettent aux artistes français de développer de nouvelles manières de créer : quels sont les réseaux, les types d'échanges, la diffusion de cette culture visuelle. Dans un contexte où la recherche en histoire de l'art tend à développer la connaissance des réseaux internationaux, il s'agit ainsi de porter un nouvel intérêt à un transfert de culture souvent fantasmé, sous un angle transdisciplinaire qui permet de décloisonner les pratiques artistiques. En privilégiant une approche bibliographique transnationale, l'objectif est ainsi de mettre en lumière les échanges culturels survenus à Los Angeles à cette époque et le développement d'un regard français porté sur la Côte Ouest américaine. Le corpus se compose de trajectoires individuelles, favorisant une mixité de pratiques artistiques, dévoilant une attraction commune, au-delà des réseaux français et des cercles amicaux: il étudie les expositions de certains Nouveaux Réalistes qui ont exposé au sein de la galerie Dwan et qui fréquentent et créent auprès des artistes californiens dans les années 60, introduisant de nouveaux motifs vernaculaires dans leurs oeuvres; Jacques Monory, qui crée à partir d'un imaginaire hollywoodien et des souvenirs de ses propres séjours sur la côte californienne; de Guy de Cointet, qui travaille auprès de Larry Bell et fait sa carrière aux Etats-Unis, mais également de cinéastes comme Agnès Varda.

  • Titre traduit

    Paris-Los Angeles: cultural and artistic exchanges, 1960-1980


  • Résumé

    My Phd thesis aims at understanding the cultural transfers between France and the United States, mainly with New York, San Francisco and Los Angeles, pointing out how Los Angeles was still, at that time, apprehended as a provincial city far from the impact New York already had. It raises questions about national identity engaged in the travel of the artists: at a time when the cultural lead moves away from the Old Continent to New York, a number of French artists try to establish themselves on the American scene through New York galleries. Often losing the game orchestrated by the critics between the Americans and the Europeans, the French pushed their luck to Los Angeles. In the sixties, the West Coast city is, to their eyes, the city of Hollywood, stamped with superficiality and glamor, and yet still preserved from the art market. This freedom, as well as the image fashioned by the movie industry, is appealing to an avant-garde disillusioned by the conservatism of the Parisian galleries, still promoting abstraction. At the same time, the Los Angeles cultural actors are trying to build an artistic scene: attracting European artists is a way to seek press coverage and art market spotlight. This is why Walter Hopps, young director of the Pasadena Museum, organized the first retrospective of Marcel Duchamp, which had a deep impact on local artists. This is also why producers asked the French movie director Jacques Demy to shot in Los Angeles after the success of the Umbrellas of Cherbourg. Drawing one figure in the city attracted other artists from the same circle: a network of Europeans came to the city during these years, making up their own mind about California, often interpreted as the American city par excellence.