Le rapport au vote des cohortes en Espagne depuis le retour à la démocratie : culture(s) civique(s) et participation électorale (1977-2019)

par Lucas Ormiere

Projet de thèse en Science politique

Sous la direction de Vincent Tiberj et de Guillermo Cordero.

Thèses en préparation à Bordeaux en cotutelle avec l'Université autonome de Madrid , dans le cadre de Sociétés, Politique, Santé Publique , en partenariat avec Centre Emile Durkheim (laboratoire) depuis le 17-09-2019 .


  • Résumé

    Ce projet de thèse propose de comprendre comment le rapport au vote des citoyens espagnols a peu à peu changé depuis le retour à la démocratie en 1977. Les études sur la participation électorale en Espagne n'ont que très peu pris en compte les effets de la crise de 2008. De plus, elles ont presque tout adoptée une démarche quantitative. La crise, la défiance politique, le renouvellement générationnel, et la mémoire de la conquête du vote sont des facteurs décisifs qui ont construit la culture civique espagnole. L'ampleur de la crise économique, provoquant une crise politique, ajoute un intérêt à l'étude systématique du rapport au vote des espagnols dans le temps long. De plus, la crise semble cristalliser un changement culturel dans le rapport au vote plus profond hérité du retour à la démocratie et du renouvellement générationnel. Quels mécanismes poussent les cohortes générationnelles d'espagnols à avoir une propension plus ou moins importante à se rendre aux urnes depuis 1977.Je fais l'hypothèse que les générations qui participent le plus de manière intermittente sont celles qui ont toujours vécu en démocratie, les générations ayant vécu la dictature étant plus attachées au vote Je veux également comprendre comment la crise de 2008 a pu bouleverser le rapport au vote des espagnols sur le temps long. J'utiliserai d'abord comme technique d'enquête l'analyse secondaire de données à travers les enquêtes post-électorales du Centro de Investigación Sociológica de toutes les élections organisées au niveau national depuis 1977, ce qui permet d'étudier près de 100 000 cas. Puis, je réaliserai en complément des entretiens semi-directifs avec des citoyens, par un échantillon « boule de neige », selon la cohorte de naissance, la classe sociale et le diplôme. Ma démarche se trouve donc entre la sociologie électorale « classique » et la sociologie politique des acteurs, puisque nous interrogeons leur rapport au vote. Résultats attendus : Sur le plan empirique, je vais identifier les phases de mobilisation et démobilisation des électeurs espagnols depuis 1977. Je vais ensuite comprendre le rapport ordinaire qu'entretiennent les espagnols au vote. Ma recherche veut donc comprendre quelle importance accorde chaque génération de citoyens espagnols au vote. Sur le plan théorique, il s'agit de montrer si des cultures du vote différenciées selon les cohortes apparaissent. S'agit-il donc d'une autre manière de participer politiquement où le vote n'a plus autant d'importance ? Cela produit-il de « meilleurs citoyens » ?

  • Titre traduit

    The relationship with voting in Spain since the comeback of democracy : civic culture(s) and electoral turnout (1977-2019).


  • Résumé

    This thesis project proposes to understand how the relationship to the vote of the Spanish citizens has been changing since the return to democracy in 1977. The studies on electoral turnout in Spain have taken very little into account the effects of the economic crisis. In addition, they have almost all adopted a quantitative approach. The crisis, the political distrust, the generational renewal, and the memory of the conquest of the vote are decisive factors which have been building the Spanish civic culture. The extent of the economic crisis, causing a political crisis, adds an interest to the systematic study of the report to the vote of the Spaniards in the long time. Moreover, the crisis seems to crystallize a cultural shift in the relationship to the vote inherited from the return to democracy and from generational renewal. Which mechanisms have the generational cohorts of Spaniards to have a more or less significant propensity to go to the polls since 1977? I make the assumption that the generations that participate the most intermittently are those who have always lived in a democracy, who have lived the dictatorship, being more attached to the vote. I also want to understand how the crisis of 2008 could upset the report to the vote of the Spaniards on the long time. I will first use as a survey technique the secondary analysis of data through the post-election surveys of the Centro de Investigación Sociológica of all elections held at the national level since 1977, which makes it possible to study nearly 100,000 case. Then, in addition to semi-structured interviews with citizens, I will perform a 'snowball' sample, according to birth cohort, social class and diploma. My approach is thus between the 'classical' electoral sociology and the political sociology of the actors, since we question their report to the vote. On the empirical level, I will identify the mobilization and demobilization phases of Spanish voters since 1977. I will then understand the ordinary report that the Spaniards have to vote. My research therefore wants to understand how important each generation of Spanish citizens is to voting. On the theoretical level, it is a question of showing whether voting cultures differentiated according to the cohorts appear. Is this another way to participate politically where the vote is not so important anymore? Does this produce 'better citizens'?