Intersectionnalité et engagement : pratiques quotidiennes de femmes en quartier populaire.

par Sarah Retif

Projet de thèse en Sociologie

Sous la direction de Hélène Bertheleu.

Thèses en préparation à Tours , dans le cadre de Sciences de la Société : Territoires, Economie, Droit - SSTED , en partenariat avec CItés, TERritoires, Environnement et Sociétés (laboratoire) et de COST - Construction Sociale et politique des espaces, des normes et des Trajectoires (equipe de recherche) depuis le 28-11-2018 .


  • Résumé

    Les quartiers populaires sont l'objet de représentations sociales et politiques erronées soulignant régulièrement les problèmes sociaux et les signes de marginalisation. Très prégnante, cette image négative est régulièrement associée aux populations issues des migrations et à la question ethnique. De plus, les recherches ont accordé peu d'intérêt aux femmes des quartiers populaires et / ou issues des migrations, sauf à les considérer comme des épouses ou des mères, révélant une certaine invisibilité et leur position subalterne. Attachée aux problématiques liées au genre, au politique et au quartier populaire, cette recherche doctorale porte sur une étude ethnographique de l'engagement de femmes issues des migrations postcoloniales dans plusieurs quartiers prioritaires de la Politique de la ville à Orléans et à Tours. Le but de cette enquête est d'explorer les formes d'engagement ordinaire imbriquées dans la vie quotidienne et invisibles car peu mises en lumière par les pouvoirs publics ou les chercheurs. Comment ces femmes, qui font l'expérience de l'imbrication des dominations liées au genre, à la classe sociale, à la race, à la religion, parviennent-elles à développer une capacité d'agir, et à se mobiliser quotidiennement ? L'approche intersectionnelle permet de saisir le sens politique d'engagements modestes et peu visibles. En effet, en croisant plusieurs caractéristiques (classe, genre, race, religion, etc.), les actions menées par ces dernières peuvent traduire une forme d'engagement que l'on pourrait qualifier de politique ou de citoyen. Ces questionnements supposent une démarche ethnographique, d'immersion sur le terrain, de façon à pouvoir saisir les relations tissées par les personnes et de comprendre le sens qu'elles donnent à leurs expériences. Cette méthodologie qualitative suppose de mener des entretiens, des observations participantes sur le long terme auprès de femmes issues des migrations. J'observerai dans un premier temps dans des associations du quartier ou des centres sociaux afin de repérer la diversité des formes d'engagement et de créer les premiers contacts avec les femmes. Ensuite, j'observerai dans des lieux de rencontres ordinaires tels que la sortie d'école, les parcs, les rencontres au domicile des unes et des autres, et d'autres endroits pertinents. Les entretiens me permettront d'explorer le parcours biographique de ces femmes et de saisir les sociabilités dans le quartier et au delà.

  • Titre traduit

    Intersectionality and commitment : ordinary practices of women living in working-class neighborhood.


  • Résumé

    Working-class neighborhoods are the subject of several inaccurate social and political representations, emphasizing on social problems and signs of marginalization. People living in those neighborhoods, and especially migrant women are often seen as apolitical and non committed. In many studies, migrant women are considered as "wives" or "mothers", revealing forms of invisibility and subaltern positions. However, by combining several social characterstics such as class, gender, race, religion, etc., allow us to see how women's actions can reveal a form of commitment which we could define as political or citizen (Larzillière, 2018). The intersectional approach allows us to perceive a political meaning of invisibile commitments. This doctoral research is based on an ethnographic work of postcolonial migrant women's commitments in several neighborhoods in Orléans and Tours. The study's goal is to explore ordinary forms of commitments in the daily life, practices which are invisible because they are not usually highlighted by public authorities and researchers. How these women, experiencing dominations related to gender, social class, race, migration, and religion, are able to develop a form of agency, and daily mobilization ? These questions imply an ethnographic method, a long term immersion on the field, to carry out participant observations and interviews, in order to embrace the daily expression of commitments. First of all, I will observe in neighborhood associations (centres sociaux) to make first contacts with women. Afterwards, I will conduct observations in ordinary meeting places such as children's parks, at the school gate, at the mosque, or at their homes, etc. and, interwiews to explore their biographical trajectories and the sociabilities.