Design architectural de l'imaginaire ou la toupie en modes tragique et épique, révélatrice de l'injustice faite au monde noir

par Jill Vincent

Projet de thèse en Ethnologie et anthropologie

Sous la direction de Frédéric Monneyron et de Denis Fleurdorge.

Thèses en préparation à Perpignan , dans le cadre de École Doctorale INTER-MED , en partenariat avec Centre de recherche sur les Sociétés et Environnements en Méditerranée (laboratoire) depuis le 19-10-2017 .


  • Résumé

    Toute conscience est intentionnelle. Toute conscience vise nécessairement un objet. Notre objet se structure entre deux ontologies : notre être avant la période de la Traite, de l'Esclavage et de la Colonisation, provoquant le « mawonnaj » et l'autre après notre émancipation qui définit « la traversée de la vallée des larmes » selon Saint-Thomas d'Aquin pour qui il faut le plus rapidement possible [la] traverser pour accéder à la vraie vie qui est la Cité de Dieu. Cette conception sotériologique judéo/chrétienne n'est pas la nôtre. Pour nous la cité de Dieu, c'est l'Emancipation, notre épopée. Notre salut emprunte l'instrument épistémologique qu'est la Laïcité pour atteindre notre émancipation cognitive dont la profondeur réside dans l'expression paradoxale créole, « pa poté kou en kaz ban mwen …mè apwenn ». Ce qui me fait dire que tout acte humain a un sens qu'il faut comprendre -/dans sa faculté à percevoir le monde, -/dans sa conclusion explicative et aboutie de l'herméneutique, -/ dans son orientation, sa voie à emprunter vers un but, vers une finitude. Ainsi le Disegno italien ou «disegn » est un acte intellectuel qui signifie dessein à dessin, c'est une individuation, une entéléchie selon Aristote, donc une l'émergence qui a dans la conscience un pouvoir d'auto-organisation conscient et inconscient. Il doit être compris selon ces trois acceptions. La direction s'origine dans les « traces » laissées par les « mawons » depuis les « mornes » visibles uniquement par les « initiés » et la finitude, c'est ce que j'ai construit par moi-même en tant que « femm poto-mitan » qui affronte les risques de l'anéantissement, en pensant localement et en agissant globalement pour être authentique. Ma thèse traduit un acte éthique, un engagement qui vise à signifier que le héros épique surpasse et contourne les obstacles, ici et maintenant, ces obstacles étant le traumatisme judéo/chrétien et le traumatisme colonial représenté par la Traite, l'Esclavage et la Colonisation. Elle traduit aussi l'idée que le héros tragique se fracasse sur les obstacles et reste un homme vaincu, blessé ou un homme mort. Vous ne pouvez pas me voir uniquement à travers le prisme que représente la couleur de ma peau, je suis une « silène » parce que c'est par l'imaginaire que je m'attache à la concrétude du monde ; en procédant par la digitalisation, par le diaphane et par l'individuation, j'éradique les traumatismes artéfactuels du monde noir. Je rends opératoire cette « traversée » avec la toupie ordinaire et la toupie tipe tope représentant les valeurs rationnelles de la science pour faire dire à mon imaginaire que la vie n'est pas seulement tragique mais qu'elle est aussi épique . Le sens de ma thèse trouve ses « rhizomes » , son enracinement dynamique dans cette trace qui relève de la ruse, de la métis des Grecs, de la survie qu'est la créolité que je définis par ce qui a été « réchappé » de l'oubli et que mes Anciens Etres paternels externalisent et dont la profondeur réside dans l'intimation catégorique et hypothétique faite à mon Grand-Père paternel par mon Arrière-Grand- Père « Pa poté kou en kaz ban men … apwen » que je traduis par « s'affranchir des valeurs de l'histoire et d'une expérience spécifique et de la détermination historique raciale selon une revendication de mon identité composite, par le savoir, la connaissance et la réflexion. » J'appartiens à une société et avec mon identité composite, j'emprunte la voie des objets africains dans leur retour en des lieux originels pour être resémantisés, réinitialisés, remagnétisés, afin de rendre opératoire ma capacité de résilience pour un autre message du monde noir au monde. C'est un vœu que je formule à la jeunesse du monde noir, agir autrement serait inauthentique.

  • Titre traduit

    The architectural disegno of the imaginary or the spinning top in epic and tragic modes, revealing the injustice done to the black world


  • Résumé

    Toute conscience est intentionnelle. Toute conscience vise nécessairement un objet. Notre objet se structure entre deux ontologies : notre être avant la période de la Traite, de l'Esclavage et de la Colonisation, provoquant le « mawonnaj » et l'autre après notre émancipation qui définit « la traversée de la vallée des larmes » selon Saint-Thomas d'Aquin pour qui il faut le plus rapidement possible [la] traverser pour accéder à la vraie vie qui est la Cité de Dieu. Cette conception sotériologique judéo/chrétienne n'est pas la nôtre. Pour nous la cité de Dieu, c'est l'Emancipation, notre épopée. Notre salut emprunte l'instrument épistémologique qu'est la Laïcité pour atteindre notre émancipation cognitive dont la profondeur réside dans l'expression paradoxale créole, « pa poté kou en kaz ban mwen …mè apwenn ». Ce qui me fait dire que tout acte humain a un sens qu'il faut comprendre -/dans sa faculté à percevoir le monde, -/dans sa conclusion explicative et aboutie de l'herméneutique, -/ dans son orientation, sa voie à emprunter vers un but, vers une finitude. Ainsi le Disegno italien ou «disegn » est un acte intellectuel qui signifie dessein à dessin, c'est une individuation, une entéléchie selon Aristote, donc une l'émergence qui a dans la conscience un pouvoir d'auto-organisation conscient et inconscient. Il doit être compris selon ces trois acceptions. La direction s'origine dans les « traces » laissées par les « mawons » depuis les « mornes » visibles uniquement par les « initiés » et la finitude, c'est ce que j'ai construit par moi-même en tant que « femm poto-mitan » qui affronte les risques de l'anéantissement, en pensant localement et en agissant globalement pour être authentique. Ma thèse traduit un acte éthique, un engagement qui vise à signifier que le héros épique surpasse et contourne les obstacles, ici et maintenant, ces obstacles étant le traumatisme judéo/chrétien et le traumatisme colonial représenté par la Traite, l'Esclavage et la Colonisation. Elle traduit aussi l'idée que le héros tragique se fracasse sur les obstacles et reste un homme vaincu, blessé ou un homme mort. Vous ne pouvez pas me voir uniquement à travers le prisme que représente la couleur de ma peau, je suis une « silène » parce que c'est par l'imaginaire que je m'attache à la concrétude du monde ; en procédant par la digitalisation, par le diaphane et par l'individuation, j'éradique les traumatismes artéfactuels du monde noir. Je rends opératoire cette « traversée » avec la toupie ordinaire et la toupie tipe tope représentant les valeurs rationnelles de la science pour faire dire à mon imaginaire que la vie n'est pas seulement tragique mais qu'elle est aussi épique . Le sens de ma thèse trouve ses « rhizomes » , son enracinement dynamique dans cette trace qui relève de la ruse, de la métis des Grecs, de la survie qu'est la créolité que je définis par ce qui a été « réchappé » de l'oubli et que mes Anciens Etres paternels externalisent et dont la profondeur réside dans l'intimation catégorique et hypothétique faite à mon Grand-Père paternel par mon Arrière-Grand- Père « Pa poté kou en kaz ban men … apwen » que je traduis par « s'affranchir des valeurs de l'histoire et d'une expérience spécifique et de la détermination historique raciale selon une revendication de mon identité composite, par le savoir, la connaissance et la réflexion. » J'appartiens à une société et avec mon identité composite, j'emprunte la voie des objets africains dans leur retour en des lieux originels pour être resémantisés, réinitialisés, remagnétisés, afin de rendre opératoire ma capacité de résilience pour un autre message du monde noir au monde. C'est un vœu que je formule à la jeunesse du monde noir, agir autrement serait inauthentique.