La verticalitéchez HitchcockApproche esthétique et socioculturelle du motif de la verticalité dans le cinéma d'Alfred Hitchcock de Rebecca (1940) à Pas de printemps pour Marnie (1964)

par Lison Lagoarde segot

Projet de thèse en Arts, arts plastiques, musicologie

Sous la direction de Pierre Beylot.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 19-10-2019 .


  • Résumé

    L’oeuvre d’Alfred Hitchcock est traversée par un motif stylistique récurrent, celui de la ligne verticale. Que cela soit de façon symbolique ou concrète, affirmée visuellement ou simplement suggérée la verticalité fait partie intégrante de la filmographie du cinéaste. La verticalité n’est pas seulement une direction, elle est aussi sens et donc effet de sens. En cela, la verticalité est une notion qui permet de problématiser l’oeuvre d’Alfred Hitchcock sous un angle original en s’intéressant aussi bien à la dimension esthétique de l’oeuvre qu’à sa narration et à l’interprétation que l’on en fait. La verticalité concerne d’abord la composition plastique de l’image et du monde représenté, mais, dans un sens plus métaphorique, elle renvoie à l’introspection que cinéaste aime pratiquer : cela permet de dévoiler les caractères, les personnalités ou les obsessions « de l’intérieur ». La verticalité permet aussi de jouer sur les différentes représentations des rapports humains, et Hitchcock a toujours su exploiter ces rapports de hiérarchie, pour caractériser ses personnages et les positionner sur le grand échiquier de sa diégèse. Mais en contrepoint, cette verticalité peut aussi être considérée ou analysée comme « imposée », rigide, rendant le cinéma d’Alfred Hitchcock cadenassé par sa maîtrise et presque autoritaire dans son rapport au spectateur. Hitchcock casse les codes établis, et par son inspiration cinématographique, cherche toujours à surprendre son public, à le sortir de sa zone de confort. Ainsi, ce sujet de thèse propose trois formes de verticalité à analyser : une verticalité comme motif visuel et/ou esthétique (escaliers, échelles, lignes, symétrie, cadrage...), une verticalité comme « curseur » des rapports sociaux entre les personnages, et une verticalité plus symbolique, créée par le réalisateur dans son rapport direct avec le spectateur. Ce thème permet de mettre en lumière le travail du cinéaste en tant que réalisateur, directeur d’acteur et plasticien, particulièrement dans la période américaine de son oeuvre, de Rebecca (1940) à Pas de printemps pour Marnie (1964). Ce motif témoigne de la complexité de son cinéma et parfois aussi, peut-être, de ses contradictions. Cette recherche se donne donc pour but d’analyser les tensions stylistiques et narratives qu’implique la forme verticale et le rapport complexe qu’elles instituent avec le spectateur.

  • Titre traduit

    VERTICALITY IN THE FILMS OF HITCHCOCK Aesthetic and socio-cultural approach to the motif of verticality in Alfred Hitchcock's cinema since Rebecca (1940) to Marnie (1964)


  • Résumé

    A current stylistic motif runs through the films of Hitchcock. The motif is the vertical line. Wether in a symbolic or in a concrete way, visually show or only suggested, vertical plays an important part in the films of Hitchcock. Verticality is not only a direction, it is also meaning and the effect of meaning. So, verticality in Hitchcock’s films, as a subject of a « these », offers an interesting and varied field for investigation, propitious to semantic analysis, as well in the authentic of Hitchcock’s works, as in the narrating, or in the interpretation that is made of it. Verticality concerns first of all the plastic composition of the image and the world represented, but, in a more metaphorical sense, it refers to the introspection that filmmakers like to practice. This allows to disclose their true personality, nature, or obsession « inside ». Verticality also permits to play on the different sides of human relationship, and Hitchcock knows how to exploit that relation of hierarchy, to characterize personalities and find their place on the vast chessboard of diegese. But as a counterpoint, this verticality can also be considered or analyzed as "imposed", rigid, making Alfred Hitchcock's cinema locked by its mastery and almost authoritarian in its relationship to the viewer. Hitchcock breaks established codes, and through his cinematographic inspiration, he is always trying to surprise his spectator, to oblige him to leave his « comfort zone ». Thus, this thesis subject proposes three forms of verticality to analyze : a verticality as a visual and/or aesthetic motif (stairs, scales, lines, symmetry, framing...), a verticality as a « cursor » for social relationships between characters, and a more symbolic verticality, created by the director in his direct relationship with the spectator. This theme highlights the filmmaker's work as a director, actor director and visual artist, particularly in the American period of his work, from Rebecca (1940) to Marnie (1964). This motif testifies to the complexity of his cinema and sometimes, perhaps, also to its contradictions. This research therefore aims to analyse the stylistic and narrative tensions implied by the vertical form and the complex relationship it creates with spectators.