JEAN RANC (1674-1735), PEINTRE ET DECORATEUR DE PARIS A MADRID, UN MONTPELLIERAIN AU SERVICE DES BOURBONS

par Stéphane Perreau

Projet de thèse en HISTOIRE DE L'ART spécialité Art moderne

Sous la direction de Thierry Verdier.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de École doctorale 58, Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec IRCL - Institut de recherches sur la renaissance, l'âge classique et les lumières (laboratoire) depuis le 01-09-2019 .


  • Résumé

    Portraitiste des cercles parisiens proches du Régent de 1696 à 1721, devenu peintre de la chambre de Philippe V d'Espagne alors qu'il était déjà quinquagénaire, Jean Ranc (Montpellier, 1674 – Madrid, 1735) a longtemps pâti du prestige incontesté de son maître et parent Hyacinthe Rigaud (1659-1743). Alors que ce dernier parvenait de son vivant à la plus éclatante des gloires, symbolisant encore aujourd'hui l'excellence en matière d'effigie au Grand Siècle, Ranc fut très rapidement relégué au simple rang d'affidé par une historiographie trop souvent critique. Ignorant les sources d'archives, trompés par un corpus que l'on croyait ténu, les récits anciens réduisirent alors l'artiste à quelques anecdotes romancées, ou le cantonnèrent à ses seules productions espagnoles, d'ailleurs peu considérées par l'histoire de l'art français. Au delà d'une évidente parenté stylistique d'avec Rigaud, l'homme développa pourtant une réelle individualité et s'imposa comme un véritable acteur essentiel de son siècle. Si l'on connaît mieux aujourd'hui la carrière de son père, Antoine Ranc (1634-1718), peintre emblématique de la seconde moitié du XVIIe siècle à Montpellier , celle de Jean n'avait jamais été étudiée dans son ensemble. De nombreux documents inédits et peu exploités, permettent aujourd'hui de dévoiler de nombreux aspects inattendus du personnage, le montrant tour à tour entrepreneur, artisan, décorateur, conseiller et protecteur de jeunes artistes sévillans. En rétablissant le catalogue raisonné de son œuvre, en définissant un parcours plus contextualisé, entre province formatrice et cours des Bourbons, nous nous proposons de replacer l'artiste dans une vision artistique plus individualiste. Alors qu'à Paris, Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) et Jean-François de Troy (1679-1752) avaient rapidement préféré la peinture de genre au portrait, pourtant prôné par leurs professeurs respectifs Nicolas de Largillierre (1656-1746) et François de Troy (1645-1730), Ranc le poursuivit en le métamorphosant. De Montpellier à Paris, lieux de sa formation, aux ors espagnols, il s'impose davantage comme un lien entre la grandeur de son professeur et la fraîcheur de la Régence, mêlant dans son Œuvre l'art de peindre à celui de l'agenceur d'espaces en dépassant ainsi le cadre borné du simple portraitiste

  • Titre traduit

    Jean Ranc (1674-1735), painter and decorator from Paris to Madrid, a montpellieran serving the Bourbons


  • Résumé

    Portraitist of the Parisian circles close to the Regent from 1696 to 1721, became painter of the room of Philip V of Spain when he was already in his 50s, Jean Ranc (Montpellier, 1674 - Madrid, 1735) has long suffered from the undisputed prestige of his master and relative Hyacinthe Rigaud (1659-1743). While the latter came alive to the most glamorous glories, still symbolizing excellence in the effigy of the Great Century, Ranc was quickly relegated to the simple rank of affidé by historiography too often critical. Ignoring the sources of archives, deceived by a corpus that was thought to be tenuous, the ancient stories reduced the artist to a few romanticized anecdotes, or confined him to his only Spanish productions, which, moreover, were little considered by the history of French art. Beyond an obvious stylistic kinship with Rigaud, the man nevertheless developed a real individuality and established himself as a true essential actor of his century. If one knows better today the career of his father, Antoine Ranc (1634-1718), emblematic painter of the second half of the XVIIe century in Montpellier, that of Jean had never been studied as a whole. Many unpublished and little exploited documents allow today to unveil many unexpected aspects of the character, showing him in turn entrepreneur, craftsman, decorator, advisor and protector of young Sevillian artists. By restoring the catalog raisonné of his work, by defining a more contextualized path, between formative province and course of the Bourbons, we propose to place the artist in a more individualistic artistic vision. While in Paris, Jean-Baptiste Oudry (1686-1755) and Jean-François de Troy (1679-1752) had quickly preferred the genre painting to the portrait, yet advocated by their respective teachers Nicolas de Largillierre (1656-1746) and François de Troy (1645-1730), Ranc pursued him by metamorphosing him. From Montpellier to Paris, places of his formation, to the Spanish gold, it is more a link between the grandeur of his teacher and the freshness of the Regency, mixing in his work the art of painting to that of the designer spaces, thus going beyond the bounded frame of the simple portraitist.