Passereaux indigènes capturés pour la cage et la volière : permanence d'une passion, du milieu du XIXe à nos jours

par Benoit Martin

Projet de thèse en Histoire moderne et contemporaine

Sous la direction de Corinne Marache.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Centre d'études des mondes modernes et contemporains (equipe de recherche) depuis le 18-10-2018 .


  • Résumé

    Chardonneret, bouvreuil, pinson, verdier… Autant de passereaux des campagnes françaises qui restent chassés pour être détenus en cage et en volière pour le plaisir des oreilles et des yeux. Le seul chardonneret serait capturé illégalement à plusieurs dizaines de milliers de spécimens, chaque année, selon l’Office national de la chasse et de la faune sauvage. Pas un département n’est épargné par ce trafic et ce marché noir. Or, l’interdiction de leur capture remonte à la loi du 3 mai 1844 sur la police de la chasse et n’a, depuis, jamais cessé de se renforcer. Cette thèse cherche à comprendre les motifs de cette passion atavique, les mécanismes, raisons, conditions et limites de sa permanence, depuis le milieu du XIXe siècle – époque à partir de laquelle elle aurait dû s’éteindre - jusqu’à nos jours qui connaissent un regain de ce braconnage ou, tout au moins, une recrudescence de la lutte contre le trafic des passereaux indigènes. Il s’agit donc de repérer les acteurs et de dessiner les contours du contexte social, politique, économique, juridique et technique dans lequel cette ornithophilie spécifique s’inscrit depuis deux siècles. Malgré les interdictions de la loi, les condamnations de la science, de l’opinion publique et de la justice, la concurrence des espèces domestiques et exotiques, il se trouve toujours des passionnés pour transformer des oiseaux sauvages en animaux familiers. Mais est-il seulement possible d’étouffer une inclination séculaire, de juguler une chasse et un gain financier si faciles à réaliser, de lutter efficacement contre cette atteinte à l’environnement ? Si cette recherche appréhende l’histoire de la nature, de l’environnement, de la chasse et de la ruralité par le prisme de l’oiseau de cage et de volière, elle questionne avant tout la place - quasi-inexistante - de ce dernier dans les « Animal Studies » et implique de facto d’adopter une approche transdisciplinaire.

  • Titre traduit

    Indigenous passerines captured for cage and aviary : permanence of a passion, from the middle of the 19th century to nowadays


  • Résumé

    Goldfinch, bullfinch, finch, greenfinch, siskin… all these passerines from the French countryside are still hunted to be held in a cage or in an aviary for the pleasure of the eyes and the ears. According to the National Hunting and Wildlife Agency (ONCFS), for the goldfinch alone, tens of thousands of specimen are illegally captured each year. Not a single French department is spared by this traffic and this black market. Yet, the prohibition of passerines' capture goes back to the Act of May 3rd, 1844, relating to hunting rights, and has never ceased to strengthen since then. This thesis aims at understanding the motives of this atavistic passion, the mechanisms, the reasons, the conditions and the limits of its perpetuation, since the middle of the 19th century – when this passion should have started to disappear – until today, where a resurgence of this poaching is at work or, at least, an upsurge in the fight against indigenous birds trafficking. Therefore, we'll identify the actors and draw the outlines of the social, political, legal, economic and technical context in which this specific “ornithophilia” fits for two centuries. Despite legal prohibition, despite the condemnations of scientists, judges and the general public, despite the competition with domestic and exotic species, there are always enthusiasts who want to turn wild birds into pets. Is it possible to stifle a secular inclination ? to curb such an easy and lucrative hunt ? to fight efficiently against this attack on the environment ? Although this research looks into the history of nature, environment, hunting, rurality… through the prism of cage and aviary birds, it questions above all the almost inexistent place of the latter in Animal Studies, which, de facto, implies using a transdisciplinary approach.