Nicolas MACHIAVEL:Réalisme et Innovation en politique

par Berthin Jaosolo

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Thierry Ménissier.

Thèses en préparation à Grenoble Alpes , dans le cadre de École doctorale de philosophie (Lyon) , en partenariat avec Philosophie, Pratiques, Langages (laboratoire) depuis le 17-12-2018 .


  • Résumé

    Le réalisme politique de Nicolas MACHIAVEL s'inscrit dans la trilogie « Conquête / Conservation / Perte ». Car l'homme politique doit mobiliser son énergie et son imagination créatrice (en faisant appel à la ruse, à la roublardise, voire à la force brute) s'il veut conquérir le pouvoir, s'y maintenir pour ne jamais le perdre. En cela, Nicolas MACHIAVEL rompt complètement avec PLATON et son modèle d'une République imaginaire et contemplative. PLATON pense en effet que « l'amour du Bien et du Beau » suffit pour avoir entièrement raison de l'individualisme possessif des citoyens. Aux yeux de Nicolas MACHIAVEL, une telle vision relève de l'utopie. Avec le Florentin, le divorce entre morale et politique est consommé car en politique, seul le résultat compte. Avec lui, l'exercice du pouvoir doit rimer avec des actions bien appropriées et efficaces, qui sont basées sur la maîtrise rationnelle des réalités sociales, sans cesse en devenir. En politique, c'est dans ce devenir fluctuant et incertain (avec son lot d'événements imprévisibles et de rencontres fortuites (la « fortunà ») que se jouent toute l'intelligence et tout le savoir-faire (la « virtù ») d'un bon Prince dont les actions les plus inspirées ne peuvent que déboucher sur un « ordre novateur » et qui sera promesse d'avenir. Tout ceci pour dire qu'une nouvelle lecture de Nicolas MACHIAVEL s'impose. Mais, cette re-lecture de Nicolas MACHIAVEL ne doit pas nous faire perdre de vue la difficile passerelle à trouver entre politique et éthique. En politique, la fin ne justifie pas toujours les moyens. Si l'homme d'État doit être effectivement à l'image du lion qui symbolise la force et du renard qui symbolise la ruse, toutes ses actions doivent être subordonnées au « vouloir-vivre ensemble » et au respect de la personne humaine.

  • Titre traduit

    Nicolas MACHIAVEL : realism and innovation in politics


  • Résumé

    The political realism of Nicolas MACHIAVEL is part of the trilogy “Conquest / Conservation / Loss” and which refers us to the different faces of the exercise of political power. For him, the politician must mobilize all his energy, all his creative imagination by appealing, if necessary, to cunning, ruse, or even brute force if he wants to conquer the power and stay there against all odds. In this, he completely breaks with PLATON and his model of an "imaginary and contemplative Republic". According to the latter, in fact, "the love of good and beauty" will come to an end, one day, by being entirely right of possessive individualism, as well as of the thirst for domination of the other. In the eyes of Nicolas MACHIAVEL, all this is utopian. With the Florentin, therefore, divorce is consumed between morality and politics. In the exercise of political power, there must no longer be room for sentiment: only the result counts. As a result, the exercise of power must echo the demand for effective action based on the rational mastery of social realities, which are constantly evolving. It is here, moreover, that the unpredictable nature of events prevails, where multifarious occasions characterize the fortunà or fortuitous meeting of facts which only the virtù of a Prince can bring back to the innovating order. A new reading of the author of the Prince is needed. But, this reading of Nicolas MACHIAVEL from another angle of view, the concern for political ethics is always read in filigree. And the legal tools are there to serve as a bridge between politics and ethics. To govern well, the statesman must then immerse himself in an incontestable juridical personality, implementing his capacity to impose his will, where force and right incorporate the principle of "the end justifies the means". This is why he uses the image of the lion (force) associated with that of the fox (cunning) to establish the stability of a sovereign republic.