Nouvelle lecture des Pierres à Cerfs d'Asie centrale via une analyse des structures archéologiques, de l'agencement des symboles et de leur forme

par Tanguy Rolland

Projet de thèse en Archéologie

Sous la direction de Fabrice Monna.

Thèses en préparation à Bourgogne Franche-Comté , dans le cadre de SEPT - Sociétés, Espaces, Pratiques, Temps , en partenariat avec ARTEHIS - ARchéologie, TErre, HIstoire, Sociétés (laboratoire) depuis le 30-09-2018 .


  • Résumé

    Les « pierres à cerfs » sont les plus célèbres monuments datant de l'âge du bronze final en Mongolie. Elles représentent essentiellement des cerfs bondissant associés à d'autres thèmes iconographiques : animaux, armes, outils, motifs géométriques. Ces pierres à cerfs offrent une synthèse remarquable de la pensée religieuse des nomades, dont l'histoire est presque uniquement accessible via les écrits assez partiaux de leurs ennemis du sud : les Chinois. Plusieurs auteurs ont, dans le passé, non seulement tenté de mieux comprendre l'organisation spatiale de ces stèles ornées associées à de nombreuses structures en pierres sèches, mais aussi tenté de décoder la distribution des gravures sur chacune de leur face (Takahama et al., 2006 ; Magail, 2008 ; Turbat et al., 2011 ; Kovalev et al. 2016). On pense qu'elles sont le fruit de pratiques funéraires et/ou de rituels votifs animistes. Elles seraient des axes symboliques reliant la Terre au Ciel, aidant les âmes des guerriers ou des élites défunts à atteindre l'au-delà, en d'autres termes les guider pour les empêcher d'errer dans la steppe et de hanter les vivants (Magail et al., 2015). Les archéologues font cependant face à un défi majeur : comment documenter et traiter de façon pertinente l'abondante information à disposition, sachant que plus de mille stèles ont été découvertes en Mongolie au sein de complexes archéologiques qui comprennent des centaines de tertres, et que chacune de ces stèles est recouverte de plusieurs dizaines de gravures (Magail et al., 2010). Face à une telle situation, les outils traditionnels de terrain, atteignent vite leurs limites, tandis que les méthodes statistiques les plus courantes s'avèrent tout simplement inadéquates pour traiter de tels objets. Pourtant des outils mathématiques puissants ont été récemment développés dans d'autres contextes. Appliqués à une telle problématique archéologique, ils devraient aider à obtenir des résultats très significatifs sur l'organisation des structures composant les sites et sur la réalisation de l'imagerie sur les stèles.

  • Titre traduit

    New reading of deer stones from Central Asia via the analysis of archaeological structures, and organization and shape of the symbols.


  • Résumé

    The « deer stones » are the most renowned monuments dating of Late Bronze Age in Mongolia. They are essentially leaping deer associated with other iconographic themes: animals, weapons, tools, geometric patterns. These deer stones offer a remarkable synthesis of the nomads religious thought, whose history is almost only accessible via the rather partial writings of their enemies of the south: the Chinese. Several authors have, in the past, not only attempted to better understand the spatial organization of these ornate stelae associated with many dry stone structures, but also attempted to decode the distribution of the engravings on each of their faces (Takahama et al. , 2006, Magail, 2008, Turbat et al., 2011, Kovalev et al., 2016). They are thought to be the result of funeral practices and / or votive animist rituals. They would be symbolic axes linking Earth to Heaven, helping the souls of warriors or dead elites to reach the beyond, in other words to guide them to prevent them from wandering the steppe and haunting the living ( Magail et al., 2015). However, archaeologists face a major challenge: how to document and process appropriately with the abundant information available, knowing that more than 1,000 steles have been discovered in Mongolia within archaeological complexes that include hundreds of mounds, and that each of these stelae is covered with dozens of engravings (Magail et al., 2010). Faced with such a situation, traditional field tools quickly reach their limits, while the most common statistical methods are simply inadequate to process with such objects. Yet powerful mathematical tools have recently been developed in other contexts. Applied to such an archaeological problem, they should help to obtain very significant results on the organization of the structures composing the sites and on the realization of the images on the stelae.