Les scénographies énonciatives dans l'œuvre de Fatou Diome, Léonora Miano et Scholastique Mukasonga

par Mamadou bailo binta Diallo

Projet de thèse en Linguistique

Sous la direction de Alpha Ousmane Barry.

Thèses en préparation à Bordeaux 3 , dans le cadre de Montaigne-Humanités , en partenariat avec Cultures Littératures Arts Représentations Esthétiques (Pessac, Gironde) (equipe de recherche) depuis le 22-10-2018 .


  • Résumé

    L’autoréflexivité – au sens linguistique et phénoménologique du terme - est au cœur de l’œuvre de Fatou Diome, Léonora Miano et Scholastique Mukasonga. On y voit la mise en scène d’un discours qui réfléchit ses propres conditions d’émergence, mais aussi des sujets clivés qui, ayant pris conscience d’eux-mêmes, se livrent à une analyse intrasubjective et intersubjective. Le sujet, dans l’œuvre de ses trois auteures, fait très souvent l’expérience d’un désajustement ou d’un mépris social : soit en raison de son groupe ethnique, de ses origines, de sa naissance, de sa classe sociale, etc. Ce sujet contraint au silence pendant longtemps se trouve dans l’obligation de s’exprimer, de communiquer sous peine d’étouffer et ce dans un espace socio-discursif fait de contraintes et de codes qu’il peine à maitriser. Et pourtant le sujet pris, d’une part dans une conquête et invention de soi, et d’autre part dans une conquête de l’autre (c’est-à-dire une quête d’une reconnaissance sociale originairement perdue) est conscient du fait qu’il n’y arrivera que par une « advenue à la parole » (Poché). Ici le subjectif ne se forme et émerge que dans le locutif (l’allocutif). Créant de fait une interdépendance intrinsèque entre le triptyque subjectif-intrasubjectif-intersubjectif et le triptyque locutif-intralocutif-interlocutif. C’est cette articulation que ce travail analyse dans une perspective sociopragmatique qui articule analyse pragmatique et théorie de la reconnaissance. L’accent sera ainsi mis dans un premier temps sur la façon dont s’énoncent et s’articulent les différentes subjectivités (axiologique, énonciative et phénoménale) d’une part, et d’autre part sur l’articulation entre ces différentes subjectivités avec l’advenue à la parole par le sujet. Dans un second temps, le travail s’attachera à l’analyse du lien entre l’intrasubjectif et l’intralocutif : c’est à dire au rapport de soi à soi et du discours de soi sur soi. Pour, enfin, s’intéresser au dispositif intersubjectif et interlocutif à l’œuvre.

  • Titre traduit

    Enonciative scenogaphies in the work of Fatou Diome, Léonora Miano et Scholastique Mukasonga


  • Résumé

    Self-reactivity - in the linguistic and phenomenological sense of the word - is at the heart of the work of Fatou Diome, Léonora Miano and Scholastique Mukasonga. We see the staging of a discourse that reflects its own conditions of emergence, but also cleaved subjects who, having become aware of themselves, engage in an intrasubjective and intersubjective analysis. The subject, in the work of its three authors, very often experiences a social maladjustment or contempt: either because of his ethnic group, his origins, his birth, his social class, etc. This subject forced to silence for a long time is in the obligation to express oneself, to communicate under pain of suffocation and this in a socio-discursive space made of constraints and codes that it is difficult to master. Yet the subject taken, on the one hand in a conquest and invention of oneself, and on the other hand in a conquest of the other (that is to say, a quest for a social recognition originally lost) is conscious because he will only happen by a "coming to speech" (Poché). Here the subjective is formed and emerges only in the locutive. Actually creating an intrinsic interdependence between the subjective-intrasubjective-intersubjective triptych and the locative-intralocutive-interlocutive triptych. This work analyzes this articulation in a sociopragmatic perspective that articulates pragmatic analysis and the theory of recognition.