Projet, profit, pouvoir : les défis de gouvernance face aux enjeux de la croissance dans les entreprises de l'économie numérique

par Rémi Raher

Projet de thèse en Sciences de gestion

Sous la direction de Jean-Pierre Bréchet et de Nathalie Schieb-Bienfait.

Thèses en préparation à Nantes , dans le cadre de EDGE - Ecole Doctorale de Sciences Economiques et Sciences de Gestion (Nantes) depuis le 03-10-2018 .


  • Résumé

    Dans une logique d'articulation entre le projet, le profit et le pouvoir, il ressort de travaux récents que l'entreprise est l'expression d’une régulation entre 3 groupes d'acteurs qui apparaissent lors de l’ouverture du capital qui intervient pendant les phases de croissance : • L'entreprise réelle (ER), qui incarne l'activité présente et future de la structure ; • L'institution financière (IF), qui possède juridiquement les avoirs de l'organisation ; • Le pouvoir managérial (PM), qui fait l’interface entre les deux précédentes. La rencontre de ces trois groupes d'acteurs doit permettre l'émergence d'une démarche collective qui bénéficie aussi bien à la pérennité de l'entreprise qu'à l'intérêt capitalistique légitime de ses actionnaires. Néanmoins, l'expérience montre qu’une divergence récurrente des points de vue entre ER et IF fait émerger des tensions, des conflits et des antagonismes, avec une tendance des acteurs à opter pour des interactions compétitives, parfois semblables à celles d'un jeu à somme nulle. Dans le cadre de l’économie numérique, où l’ouverture du capital apparaît relativement tôt dans la vie de l’entreprise (ou start-up) en raison des coûts d’acquisition et de développement élevés, la question du partage de la propriété et du partage du pouvoir est un enjeu d’autant plus crucial que le modèle traditionnel de la start-up privilégie la croissance à la rentabilité. Dès lors, les modalités d’ouverture du capital deviennent un enjeu stratégique pour la maîtrise du projet. Dans un premier temps, il conviendra donc déjà de proposer une définition de l’économie numérique et de ses parties prenantes afin de proposer un échantillon représentatif de ces dernières, pour en relever aussi bien les originalités que les questions émergentes. Dans un second temps, analyser les particularités de l’entrepreneuriat lié à l’économie numérique sera l’occasion d'identifier les modalités de mise en œuvre de ce que Reid Hoffman nomme le « blitzscaling » dans ses cours à l’université Stanford, ainsi que les défis, les risques et les bénéfices de cette façon d’entreprendre. Enfin, une entrée par le dirigeant fondateur permettra d’analyser les liens entre ce dernier et le développement de son projet, en amont comme en aval de l’ouverture du capital. Ces bases étant posées, il conviendra de revenir sur les modalités d’ouverture du capital : les outils disponibles sont particulièrement nombreux et la créativité des ingénieurs financiers en la matière mérite une attention particulière, aussi bien pour identifier les potentialités théoriques que les mises en œuvres réellement constatées et les tendances générales et particulières que l’on peut mettre à jour dans le cadre particulier d’une start-up. Au-delà (mais en incluant) les considérations juridiques sur la propriété de la personne morale et les montages financiers, c’est à partir des obligations réciproques consacrées non seulement dans la rédaction des pactes d’actionnaires mais aussi dans les attitudes adoptées au sein des instances de gouvernance que nous pourrons élaborer de nouvelles pistes concernant la gouvernance de projet et gouvernance d’entreprise ainsi que le rôle des parties prenantes dans l’éthique des affaires et la régulation des entreprises.


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