La poétique du paysage chez les anciens Égyptiens

par Emmanuelle Cleroux

Projet de thèse en Égyptologie

Sous la direction de Frédéric Servajean.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Territoires, Temps, Sociétés et Développement , en partenariat avec ASM - Archéologie des sociétés méditerranéennes (laboratoire) depuis le 03-09-2018 .


  • Résumé

    Alors qu'il est une grande problématique transversale des Sciences Humaines et Sociales, le paysage n'a pas beaucoup intéressé l'égyptologie. Pour résumer l'état de la question dans cette discipline : soit l'on considère que le paysage n'existait pas en Égypte ancienne, notamment parce qu'il n'y a aucun terme égyptien désignant cette notion et, partant de là, cette problématique perd toute pertinence ; soit le paysage est réduit à une certaine vision moderne occidentale : la transformation humaine du monde naturel et sa représentation, le tout conduit par une intention esthétique. Mon projet de thèse propose de dépasser ce positionnement habituel de l'égyptologie à travers une approche poétique – ou, plus précisément, une approche anthropopoiétique. En cela, non plus se demander si le paysage existait pour un Égyptien ancien, mais plutôt que peut nous apprendre le paysage – en tant que concept opératoire – à propos de l'Égyptien ancien, – et, plus globalement, à propos de la construction culturelle de l'humain. De ce point de vue, le paysage est ainsi appréhendé en tant que construction issue d'intentions et de configurations culturelles ayant une dimension fortement symbolique ; autrement dit une configuration poétique du monde naturel marquée par des valeurs culturelles. En Égypte ancienne, ces constructions sont médiatisées par des représentations iconographiques et textuelles, je me concentrerai sur les textes et les images proposant une représentation de l'espace « naturel » en tant que théâtre d'activités humaines et d'activités divines afin d'interroger la dimension symbolique et les valeurs culturelles marquant ces paysages.

  • Titre traduit

    The poetic of landscape among the ancient Egyptians


  • Résumé

    While it is a major cross-cutting issue of the Humanities and Social Sciences, the landscape did not interest Egyptology. To sum up the state of the question in this discipline: either we consider that the landscape did not exist in ancient Egypt, especially because there is no Egyptian term designating this notion and, hence, this problematic becomes irrelevant; either the landscape is reduced to a certain Western modern vision: the human transformation of the natural world and its representation, all driven by an aesthetic intention. My thesis project proposes to go beyond this usual positioning of Egyptology through a poetic approach - or, more precisely, an anthropopoietic approach. In this, no longer wondering if the landscape existed for an ancient Egyptian, but rather what can teach us the landscape - as an operative concept - about the ancient Egyptian, - and, more generally, about the cultural construction of the human. From this point of view, the landscape is thus apprehended as a construction resulting from intentions and cultural configurations having a strongly symbolic dimension; in other words, a poetic configuration of the natural world marked by cultural values. In ancient Egypt, these constructions are mediated by iconographic and textual representations, I will focus on texts and images proposing a representation of the 'natural' space as a theater of human activities and divine activities in order to question the symbolic dimension and the cultural values ​​marking these landscapes.