La présence du clinicien en temps palliatif l'écoute silencieuse et celle des silences comme soutien des mouvements de vie psychique
| Auteur / Autrice : | Audrey Gavard |
| Direction : | Marie-christine Pheulpin |
| Type : | Projet de thèse |
| Discipline(s) : | Psychologie |
| Date : | Inscription en doctorat le 19/02/2018 Soutenance le 05/02/2026 |
| Etablissement(s) : | Paris 13 |
| Ecole(s) doctorale(s) : | École doctorale Érasme (Villetaneuse, Seine-Saint-Denis) |
Mots clés
Mots clés libres
Résumé
Ce travail de thèse s'enracine dans notre difficile expérience de jeune psychologue clinicienne confrontée à de nombreux décès en service de soins de suite cancérologique. Il s'appuie sur le matériel clinique recueilli lors des premiers temps de notre prise de fonction. Au moment où nous débutons notre doctorat, c'est-à-dire en septembre 2017, nous trouvons peu d'écrits sur le vécu des patients atteints de maladie potentiellement létale notamment lorsque les traitements curatifs ne sont plus envisagés. En particulier, la question des silences paraît peu explorée. Ce travail de recherche s'est immédiatement doté d'un double objectif : le premier visait la recherche d'un tiers comme une aide à nous extraire de la massivité de l'expérience clinique pour trouver notre place singulière à la fois dans l'équipe et en dehors. Le second est l'étude de l'implication du psychologue se référant à la psychanalyse dans le soutien des mouvements de vie. Après de nombreux questionnements, s'est dégagée la problématique suivante : dans une situation relevant de la clinique de l'extrême, dans quelle mesure la présence du clinicien vient-elle soutenir les mouvements de vie? Par le terme ?présence? nous entendons à la fois la présence corporelle et psychique incluant la capacité à accueillir et tolérer le silence. Dès lors, nous avons observé si un positionnement clinique particulier pouvait être bénéfique aux patients dans le soutien de leur vie psychique et dans leur accompagnement jusqu'à la mort. Il s'agit de rendre cette dernière étape de vie la plus apaisée possible. Nous insisterons sur la question de la présence du clinicien et sur sa façon d'accueillir et de tolérer les silences. Cette recherche a convoqué nombre de questionnements qu'ils soient éthiques ou identitaires avec d'une part le double positionnement de clinicienne et de chercheure et d'autre part de clinicienne avec un référentiel psychanalytique dans un service de médecine somatique. Finalement, cinq patients ont été inclus dans l'étude et suivis durant le ?temps palliatif?. Tous étaient des adultes de moins de 60 ans, atteints d'un cancer. Notre travail s'inscrit dans le champ des recherches cliniques répondant « aux exigences de référence à la singularité des individus, de prise en compte de la totalité de la situation (l'observateur est partie intégrante de l'observation), à la dimension concrète des situations, la dynamique, la genèse » (Chahraoui, Benony, 2003, p. 11). Ainsi, nous n'avons pas proposé de méthodologie spécifique et avons étudié les entretiens psychologiques menés dans le cadre thérapeutique. La singularité de chaque patient, de chaque histoire de vie, du transfert et de notre propre contre-transfert rend difficile la généralisation de nos observations. Cependant, nous percevons des moments communs orientant notre propre positionnement clinique. Pour conclure, le clinicien soutient les mouvements de vie par sa présence corporelle convoquant l'intime, sa disponibilité psychique, la souplesse de son cadre et sa capacité à accueillir, tolérer et transformer les silences. Il s'agit d'insuffler la pulsion de vie, de la soutenir lorsque c'est possible ou, lorsque ce ne l'est plus, d'accompagner le patient pour le temps qui lui reste