L’ Historia destructionis Troiae de Guido delle Colonne. Aperçu de l’œuvre, traductions française et italienne,commentaires.

par Arianna Quarantotto

Projet de thèse en Langue et littérature anciennes

Sous la direction de Giampiero Scafoglio.

Thèses en préparation à l'Université Côte d'Azur , dans le cadre de École doctorale Sociétés, humanités, arts et lettres (Nice ; 2016-....) depuis le 10-11-2017 .


  • Résumé

    Ce travail s’inscrit dans le cadre des recherches portant sur la diffusion de motifs et légendes liés à la matière troyenne tout au long du Moyen Âge. Le but visé a été double : d’une part la traduction en français et en italien de l’un des textes les plus connus au Moyen Âge, la Historia destructionis Troiae, composée entre 1272 et 1286 par Guido delle Colonne, juge de Messine et poète courtois; de l’autre, une critique textuelle de l’œuvre afin de comprendre les techniques utilisées par l’auteur et les rapports avec les sources : l’Ephemeris belli Troiani de Dictys de Crète, la De excidio Troiae de Darès le Phrygien, le Roman de Troie de Benoît de Sainte-Maure, dont l’Histoire de Guido semble presque une latinisation. À partir des données bibliographiques, du milieu littéraire, des fondements idéologiques, ce travail met en évidence la volonté de Guido de faire de son texte en prose latine une œuvre historiographique, allant de la conquête de la toison d’or aux nostoi des héros grecs, et destinée à un public aristocratique et savant. Le culte pour la rhétorique est évident et le latin est stylistiquement conditionné par l’ars dictaminis. Notre recherche a démontré les étroites relations entre l’Historia destructionis Troaie et le récit en vers de Benoît, bien que Guido ne le cite jamais. Les œuvres latines de Dictys et Darès, qui sont à la base aussi du Roman de Troie sont souvent citées par Guido en tant que sources d’une importance considérable, même si les données analysées ne permettent pas encore de déterminer si Guido a eu une connaissance directe de ces œuvres ou si elles lui sont arrivées à travers la lecture du Roman. Néanmoins, la Historia destructionis Troiae, comparée aux sources, s’enrichit de digressions moralisantes, d’images poétiques et descriptions astronomiques, d’une multiplicité de personnages et thématiques, de différents niveaux narratifs, de renvois textuels qui font de l’œuvre une grande fresque narrative qui anticipe le roman de la Renaissance. Enfin, les réflexions sur le destin de l’homme, sur la précarité de la vie, la recherche d’une réponse à la douleur et à la folie de la guerre, le sentiment de justice avec lequel l’auteur analyse toujours les événements, révèlent non seulement la profondeur de Guido, mais nous permettent aussi de saisir une grande marge d’autonomie de la Historia destructionis Troiae par rapport aux sources.

  • Titre traduit

    The Historia destructionis Troiae by Guido delle Colonne. Overview of the work, French and Italian translations, comments.


  • Résumé

    The aim of this work is to provide a double translation into French and Italian of one of the most well-known texts in the Middle Ages, the Historia destructionis Troiae, written between 1272 and 1286 by Guido delle Colonne, a judge of Messina and a courteous poet. On the other hand, I analysed the work in order to understand the expressive techniques used by the author as well as the relationship with the literary sources and models: notably the Ephemeris belli Troiani by Dictys of Crete, the De excidio Troiae by Dares Phrygius, the Roman de Troie by Benoît de Saint-Maure - Guido’s Historia seems almost a Latinization of the latter. Starting from the bibliographical data, the literary environment and the ideological bases, this work highlights Guido’s desire to transform his text in Latin prose into a historiographic work, which ranges from the conquest of the golden fleece to the nostoi of Greek heroes, and was intended for an aristocratic and cultivated public. The use of rhetoric is evident: Latin is stylistically conditioned by ars dictaminis. Our research has shown the close relationship between the Historia destructions Troiae and Benoît’s verse story, although Guido never mentions it. The Latin works of Dictys and Dares, which are also at the base of the Roman de Troie, are instead often cited by Guido as sources of considerable importance, even if the analysed data do not yet allow to determine if Guido was directly aware of these works or if he knew them by reading Roman. However, the Historia destructionis Troiae, compared to the sources, is enriched with moralizing digressions, poetic images and astronomical descriptions, with a multiplicity of characters and themes, with different narrative levels and textual references that make the work a great narrative fresco anticipating the Renaissance novel. Finally, the reflections on the destiny of man, on the precariousness of life, the search for an answer to the pain and madness of war, the feeling of justice with which the author always analyses events, not only reveal the depth of Guido, but also allow us to grasp a large margin of autonomy of the Historia destructionis Troiae with respect to the sources.