Investissement socialement responsable et gouvernance d'entreprises

par Rania Beji

Projet de thèse en Sciences de Gestion

Sous la direction de Ouidad Yousfi et de Abdelwahed Omri.

Thèses en préparation à Montpellier en cotutelle avec l'Université de Tunis , dans le cadre de École doctorale Economie Gestion de Montpellier (2015-.... ; Montpellier) , en partenariat avec MRM - Montpellier Recherche en Management (laboratoire) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    Dans un monde marqué par la défaillance des systèmes de gouvernance d'entreprises d'une part, et les problèmes sociétaux et environnementaux de l'autre part, l'interface entre la gouvernance d'entreprise et l'investissement socialement responsable (ISR) a acquis une résonance globale (Ryan, Buchholtz, & Kolb, 2010; Walls, Berrone, & Phan, 2012). En France, depuis 2001, la loi «NRE» oblige les sociétés Françaises cotées à créer un rapport annuel sur la responsabilité sociale des entreprises (RSE). Récemment, les conseils d'administration ont été appelés à améliorer la qualité de l'information décrite dans leur rapport annuel de responsabilité sociale. Outre la divulgation d'informations extra-financière, le conseil d'administration doit entreprendre des actions cherchant à promouvoir la démarche RSE. Au cours des dernières années, l'ISR est devenue l'un des défis privilégiés de gouvernance d'entreprises. Les entreprises et leurs conseils d'administration ont intérêt à intégrer l'ISR dans leur approche globale (Jamali et al., 2008). Ce changement s'est produit principalement pour trois raisons. Tout d'abord, il est prouvé que l'engagement des parties prenantes peut améliorer la valeur de l'entreprise (Brown, Helland, & Smith, 2006; Ntim & Soobaroyen, 2013b). Deuxièmement, ni les statuts de l'entreprise ni les lois sur les affaires de l'entreprise n'exigent expressément la maximisation de la valeur pour les actionnaires (Stout, 2012), ce qui remet en question la priorité des intérêts des actionnaires (Gill, 2008). Enfin, les scandales financiers de plusieurs entreprises dans le monde ont élargi l'idée d'un système de gouvernance d'entreprise allant au-delà de la simple résolution des conflits d'agence, qui adopte un programme éthique et socialement responsable (Elkington, 2006). Cette thèse tente d'évaluer l'effet des caractéristiques des administrateurs sur la relation gouvernance d'entreprise et l'engagement RSE. L'étude portera sur les entreprises du SBF 120 entre 2002 et 2015 en utilisant les données de l'agence de notation extra-financière Vigeo et des données de gouvernance et financières. Plusieurs interrogations entourent l'objet de la recherche. Elles se rassemblent autour des questions suivantes : Quel est l'impact des caractéristiques du conseil d'administration sur le lien entre la gouvernance d'entreprises et la RSE ? La démarche RSE résulte-t-elle des choix d'un profil particulier d'administrateurs ou c'est-elle qui pousse l'entreprise à s'orienter vers un profil d'administrateurs ? Pour répondre à cette problématique, on s'est fixé deux objectifs : Le premier objectif est d'analyser le rôle des administrateurs dans le développement d'une stratégie RSE. Nous distinguons deux types d'effets :  Effet direct expliqué par les décisions prises au niveau du conseil d'administration cherchant à promouvoir les investissements portant une dimension RSE.  Effet indirect sur la RSE traduit par l'effet de mécanismes de gouvernance favorisant l'égalité, l'éthique, la transparence des décisions prises et des activités réalisées,... etc. Le deuxième objectif consiste à étudier le profil des administrateurs dans les entreprises impliquées dans des projets RSE, en essayant de voir si :  Les décisions RSE résultent de la conviction personnelle des administrateurs.  Les entreprises socialement responsables choisissent un profil spécifique des administrateurs dans leurs conseils d'administration. Notre objectif se situe dans la généralisation des résultats, nous nous situerons donc dans un cadre épistémologique positiviste et adopterons une démarche hypothético-déductive. Nous étude tentera de comprendre l'impact des actions prises par les administrateurs sur la performance sociale et le développement de la démarche ISR plutôt que sur les paramètres financiers uniquement (Bingham et al., 2011; Bravo et al. 2012; Ho Et al. 2012; Lindgreen et al., 2009). Des études antérieures attestent que le conseil d'administration joue un rôle important dans la détermination de la performance sociale d'une entreprise dans la mesure où les caractéristiques du conseil d'administration ( indépendance du conseil d'administration, diversité, dualité, taille, genre, structure de propriété, affiliation des administrateurs,…etc.) sont associées à la performance sociale (Bear et al. 2010; Coffey et Wang 1998; Huse et al. 2009; Ibrahim et al., 2003; Jo and Harjoto, 2011; Siciliano, 1996). Les indicateurs ESG sont principalement créés en tant que point de repère pour les investisseurs afin d'évaluer les performances sociales, environnementales et de gouvernance d'une entreprise. Pour ce faire, ils utilisent également différentes stratégies ISR (Approche thématique ESG, Best in class, exclusion normative, exclusion normative, intégration des critères ESG, activisme actionnarial, impact investing). Certaines études examinent un large éventail d'activités d'entreprise dans le domaine ESG, tandis que d'autres choisissent de limiter leur analyse à l'un des trois domaines de l'activité ESG (l'effet de la politique sociale sur la performance de l'entreprise, la corrélation entre une politique de diversité du conseil d'administration et la performance de l'entreprise). Les études qui considèrent les critères ESG réunis attestent que les administrateurs qui gèrent au mieux leurs enjeux ESG limitent les risques de conflits, susceptibles de nuire notamment à l'image de l'entreprise, et sont ainsi appelées à terme à surperformer leurs concurrents. Ceux qui négligent ces critères sont soumis à un risque plus élevé de faillite et de retrait des capitaux par les investisseurs. La sélection des titres doit donc permettre de générer de la valeur ajoutée (Kurtz 2002).

  • Titre traduit

    Socially Responsible Investment and corporate governance


  • Résumé

    In a world marked by the failure of corporate governance systems on the one hand, and societal and environmental problems on the other, the interface between corporate governance and socially responsible investment (SRI) Acquired an overall resonance. In France, since 2001, the "NRE" law has obliged listed French companies to create an annual report on corporate social responsibility (CSR). Recently, boards of directors have been called upon to improve the quality of information described in their annual social responsibility report. In addition to disclosing non-financial information, the Board of Directors must take steps to promote the CSR approach. In recent years, SRI has become one of the key corporate governance challenges. Companies and their boards of directors have an interest in integrating SRI into their overall approach (Jamali et al., 2008). This change occurred mainly for three reasons. First, there is evidence that stakeholder engagement can improve the value of the firm (Brown, Helland & Smith, 2006; Ntim & Soobaroyen, 2013b). Second, neither the company's statutes nor the business laws of the company explicitly require the maximization of shareholder value (Stout, 2012), which calls into question the priority of shareholders' interests (Gill , 2008). Finally, the financial scandals of several companies around the world have expanded the idea of a corporate governance system that goes beyond mere agency conflict resolution, which adopts an ethical and socially responsible agenda (Elkington, 2006). This thesis attempts to evaluate the effect of the characteristics of directors on the relationship between corporate governance and CSR commitment. The study will focus on SBF 120 companies between 2002 and 2015 using data from the non-financial rating agency Vigeo and governance and financial data. Several questions surround the object of the research. They gather around the following questions: What is the impact of board characteristics on the relationship between corporate governance and CSR? Does the CSR approach result from choosing a profile Directors, or is it that the company is moving towards a profile of directors? Two objectives have been set: The first objective is to analyze the role of administrators in the development of a CSR strategy. We distinguish two types of effects: - Direct effect explained by decisions taken at the level of the Board of Directors to promote investments with a CSR dimension. - Indirect impact on CSR, reflecting the impact of governance mechanisms that promote equality, ethics, transparency of decisions taken and activities carried out, etc. The second objective is to study the profile of directors in companies involved in CSR projects, trying to see if: - CSR decisions result from the personal belief of the directors. - Socially responsible companies choose a specific profile of directors on their boards of directors. Our objective lies in the generalization of the results, we will therefore situate ourselves in a positivist epistemological framework and adopt a hypothetico-deductive approach. This study will attempt to understand the impact of actions taken by administrators on social performance and the development of the SRI approach rather than on the financial parameters alone (Bingham et al., 2011, Bravo et al., 2012, Ho et al. 2012; Lindgreen et al., 2009). Previous studies show that the Board of Directors plays an important role in determining the social performance of a company insofar as the board's characteristics (independence of the board of directors, diversity, duality, size, Gender, ownership structure, affiliation of administrators, etc.) are associated with social performance (Bear et al., 2010, Coffey and Wang 1998, Huse et al. Siciliano, 1996).