Comprendre les dynamiques et les déterminants de l'artificialisation des sols pour adapter les politiques publiques : l'exemple de la consommation d'espace pour les activités économiques en France et en Allemagne.

par Alice Colsaet

Projet de thèse en Sciences économiques

Sous la direction de Harold Levrel et de Yann Laurans.

Thèses en préparation à Paris Saclay , dans le cadre de École doctorale Agriculture, Alimentation, Biologie, Environnement, Santé (Paris ; 2015-....) , en partenariat avec Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (laboratoire) et de AgroParisTech (France) (établissement de préparation de la thèse) depuis le 20-03-2017 .


  • Résumé

    L'artificialisation des sols est une cause majeure de perte de biodiversité dans le monde, causant la destruction des habitats naturels, leur fragmentation, et plus largement leur détérioration. L'artificialisation désigne le changement d'usage de sols depuis un usage naturel, forestier ou agricole, vers un autre usage : habitat, activités, transports, loisirs ou extraction de matériaux. En France, on estime qu'environ 9 % du territoire est artificialisé. Malgré des objectifs politiques affichés de réduction, voire d'arrêt du phénomène à l'horizon 2050, l'artificialisation se poursuit à un rythme préoccupant d'environ 1 % du territoire (soit un département moyen) tous les 7 à 10 ans. Si l'habitat individuel constitue la première cause d'artificialisation, l'immobilier d'entreprise et notamment la croissance des zones d'activités périphérique constitue également une part importante du phénomène (estimée à environ 20-25%). Ces zones connaissent un développement plus rapide que les autres types d'artificialisation, alors qu'elles soulèvent de nombreuses interrogations concernant leur impact écologique et leur intérêt pour le développement territorial. Ce travail de recherche a pour objectif de mieux comprendre les déterminants de l'artificialisation, sa composition et les politiques publiques qui influencent la consommation d'espace, afin d'identifier des leviers d'action pour la limiter. En particulier, nous nous intéresserons au cas de la consommation d'espace pour les activités économiques dans deux territoires en France et en Allemagne. Nous cherchons tout d'abord à mobiliser et à mettre en perspective la littérature existante, et à utiliser différentes sources de données sur l'artificialisation et sa composition au niveau national et local. A ces études de données secondaires s'ajoute une enquête de terrain auprès des différents acteurs publics et privés qui participent à la consommation d'espace pour les activités économiques, à sa régulation ou à sa gestion. Nous tenterons à travers ces entretiens de comprendre comment, au sein d'un territoire, s'organise la rencontre ou la confrontation entre les logiques économiques des entreprises, la politique de développement économique et la volonté d'encadrer la consommation d'espace, et quels éléments permettent d'expliquer la consommation d'espace pour les activités économiques.

  • Titre traduit

    Understanding the dynamics and determinants of land take to improve public policies: the example of land consumption for economic activities in France and Germany.


  • Résumé

    Land use change is a major cause of biodiversity loss in the world, through destruction, fragmentation or alteration of natural habitats. Among land use changes, land take designates transformation of natural, forest or agricultural land into artificial land : urbanization, leisure, transport or extraction. In France, about 9 % of the national land is considered artificialized. Land take of natural or agricultural surfaces continues and artificialized surfaces increase by about 1 % of the national surface every 7-10 years. Individual homes are the first source of land take. Yet business properties, especially the growth of suburban business parks, are also a major cause of land consumption (about 20-25% of land consumption in France). These parks are developing more rapidly than other artificial land uses, which raises many questions about their ecological impacts and their role in local economic development. This work aims at better understanding the determinants of land take, as well as its composition and the public policies influencing land consumption, in order to identify possible actions to limit land take. We will focus more specifically on the case of land consumption for business properties in two smaller regions in France and Germany. We seek to analyse and put in perspective the existing literature as well as different data sources about land take and its components at a national and local level. Besides these analyses based on secondary data, we carry out a field study by interviewing different public and private actors who have a part in managing or regulating the local land consumption. We consider three major elements in these interviews : the business logics of local firms and private actors, the local policy for business development and the will to limit and regulate land consumption. We seek to understand how these three elements confront each other and result in the local land take for business activities.