Newton et l'alchimie : un paradigme problématique

par Frédéric Mathieu

Projet de thèse en Philosophie

Sous la direction de Anastasios Brenner.

Thèses en préparation à Montpellier 3 , dans le cadre de Langues, Littératures, Cultures, Civilisations , en partenariat avec CRISES - Centre de Recherches Interdisciplinaires en Sciences Humaines et Sociales (laboratoire) depuis le 01-09-2017 .


  • Résumé

    La mise au jour, en 1936, d'une importante collection de travaux alchimiques parmi les manuscrits inédits de Newton a contraint les philosophes et historiens des sciences à reconsidérer le rôle de ce qui jusqu'alors passait pour une lubie sans valeur scientifique, surgeon dépérissant de la superstition. Comment ce fondateur austère et méthodique de la mécanique moderne, qui proclamait ne pas feindre d'hypothèses, avait-il pu succomber aux astres noirs de l'« astronomie terrestre » ? Cette thèse entend démontrer que l'alchimie au tournant des XVIIe-XVIIIe siècles, loin d'être une « pré-science », rassemble bon nombre de caractéristiques d'un véritable paradigme – quoiqu'en un sens sensiblement différent de celui conféré à cette notion par Kuhn, et que d'autres théoriciens du changement scientifique (Bachelard, Lakatos, Feyerabend, Laudan) nous aideront à préciser. L'exemple de Newton plaide en faveur de l'hypothèse selon laquelle le recours à ce paradigme, en complément du mécanisme de Descartes, aurait été la cheville ouvrière de la mécanique moderne. Un examen approfondi de ses travaux fait percevoir la nécessité d'une prise en compte de l'intérêt de l'alchimie pour la philosophie des sciences.

  • Titre traduit

    Newton and alchemy : a problematic paradigm


  • Résumé

    In 1936, an important collection of alchemical works was found among Newton's unpublished manuscripts. This discovery has compelled philosophers and historians of science to reconsider the role of what had hitherto been regarded as mere fantasy, a pursuit without any scientific value, a dying offshoot of superstition. How could the stern, methodical founder of modern mechanics, who claimed not to feign hypotheses, have succumbed to the black stars of “terrestrial astonomy”? This thesis aims to demonstrate that alchemy at the turn of the 17th and 18th century was not a “pre-science”: on the contrary, it possessed many of the characteristics pertaining to a paradigm – not exactly in Kuhn's sense, but in a sense that other theoricians of scientific change (Bachelard, Lakatos, Feyerabend, Laudan) will help us specify. As a matter of fact, the example of Newton pleads for the hypothesis that resorting to this paradigm in complement to Descartes' mechanism was the linchpin of modern mechanics. A thorough examination of those authors' works will show that taking into account the interest of alchemy is crucial for the philosophy of science.